À la découverte d'un Mas Cévenol.

par PascaleMD  -  4 Mars 2026, 19:00  -  #Paysages, #Parc National des Cévennes, #Montagnes




Un Mas cévenol est bien plus qu’une simple "maison de campagne". C’est un héritage architectural robuste, façonné par l'histoire de la région, par le relief accidenté et le climat contrasté des Cévennes au sud du Massif central. Contrairement au Mas provençal qui s'étale en plaine, le Mas cévenol s'adapte au dénivelé dans une organisation verticale composé de plusieurs bâtis composés en "blocs" reliés les uns aux autres. 

Le rez-de-chaussée (souvent voûté) était réservé aux animaux et au stockage des outils. La chaleur des animaux permettait de réchauffer l'étage. Il n'y a souvent aucune fenêtre à ce niveau (éventuellement une ou deux meurtrières), seulement des portes lourdes pour les étables et bergeries. Cela protégeait le bétail et les réserves de nourriture des prédateurs (le Loup) et du froid.

On accède souvent à la partie habitation par un escalier extérieur (la calade) ou une rampe de pierre, ce qui permet d'isoler la famille de
l'humidité et de la poussière du sol du RDC. Le grenier était utilisé pour le séchage des châtaignes ou l'élevage des vers à soie
(la magnanerie). Les fenêtres sont relativement petites pour conserver la chaleur l'hiver et la fraîcheur l'été. 

Mas Typiquement Cévenol (image Web choisie pour l'excellente visibilité des différents blocs reliés entre eux)


 

C'est dans mon hameau, juste sur la limite Gard/Lozère, que je vous emmène, pour une balade dans sa partie basse. 
Il est situé sur un relief un peu plus accidenté que sa partie haute, c'est ce qui en a dicté l'agencement. 

Tout d'abord, une petite demeure en "mono-bloc".
A contrario du Mas présenté au dessus, l'escalier est attaché à la maison et mène à une petite terrasse couverte appelée "balat"

Aujourd'hui, pour les plus petites de ces bâtisses, le rez-de-chaussée ainsi que le grenier ont été réaménagés pour augmenter la surface
habitable. Ces maisons sont donc généralement composées de trois niveaux superposés. Des ouvertures ont été faites en rez-de-chaussée pour installer des fenêtres. Beaucoup y ont aussi installé une véranda.


 

Cette autre petite bâtisse est typique de la région. Il s'agit de la dépendance d'une demeure (comme la maison du dessus), souvent utilisée pour abriter les outils, entreposer du bois et servir d'abri pour les animaux. La porte basse est conçue pour minimiser l'entrée du froid.
On remarque la toiture en Lauzes de Schiste. Ce type de toit est extrêmement lourd, ce qui explique que toutes les bâtisses anciennes soient pourvues de murs d'une épaisseur massive (entre 80 et 120 cm).

 


Ici, on envisage bien l'implantation du hameau et de ses Mas dans son environnement naturel avec le contraste entre la densité du bâti et l'immensité du paysage cévenol. 

Cette vue montre comment la ruelle plonge vers la vallée. Elle est calibrée pour le passage de l'homme et de la Mule, l'animal de bât
historique des Cévennes. La proximité des murs crée un couloir de fraîcheur indispensable lors des étés caniculaires.

 


Cette vue en sens inverse de la ruelle montre le caractère du hameau, tout en révélant de nouveaux détails sur l'évolution du bâti. On voit clairement que le chemin est le seul lien entre les maisons, épousant la topographie du terrain sans jamais chercher à la transformer.

L'étroitesse du passage crée un jeu de lumière rasante. En hiver, comme ici, cette configuration permet de protéger les entrées des courants d'air glaciaux qui descendent des sommets.

La pente de la ruelle, combinée à son revêtement, montre que le chemin sert aussi de rigole naturelle pour évacuer les eaux de pluie vers le bas du hameau lors des orages cévenols.


 

A présent, entrons dans le coeur d'un Mas typiquement cévenol et ayant conservé son charme intemporel. Malheureusement, du fait de la configuration de l'environnement, je n'avais pas assez de recul pour faire une photo de ce Mas dans son ensemble.


Contrairement aux entrées plus étroites des maisons de plus petite envergure, des entrées de service d'un Mas ou de la dépendance de la troisième photo, cette arche massive en pierre de taille marque l'entrée principale du Mas. Elle est surmontée d'un petit auvent en Lauzes (appelé assé) qui protège le seuil des intempéries.


On remarque une corniche dans la maçonnerie aux trois quart de la hauteur. C'est un détail architectural classique qui permet d'une part de rejeter les eaux de ruissellement loin de la base du mur et d'autre part, de marquer naguère la séparation entre les niveaux de vie et le niveau de stockage (Châtaignes ou magnanerie).



Nous franchissons la porte pour découvrir un passage menant à une cour intérieure, véritable havre de paix chaleureux qui contraste avec la rusticité des ruelles extérieures.

Contrairement à la ruelle vue précédemment, ici, le sol est dallé de carreaux de terre cuite uniformes. Cela marque clairement la transition vers un espace domestique confortable et entretenu.



Le mur à gauche montre une alternance de schiste et de pierres de taille plus claires pour les angles, une technique indispensable pour assurer la stabilité de ces maisons de plusieurs niveaux.


On voit bien ici la limite entre le dallage en terre cuite moderne de la terrasse et les murs ancestraux, montrant comment le confort et la praticité d'aujourd'hui à su se glisser dans le cadre d'hier sans pour autant le dénaturer.


 

Le muret au premier plan montre que la maison est construite en terrasse (appelées faïsses ou bancels dans la région). La petite fenêtre et la porte basse, dotées de solides volets en bois massif permettent de limiter les déperditions de chaleur en hiver et se protéger du vent (comme le Mistral ou la Tramontane qui peuvent s'y engouffrer), mais aussi offrent une protection contre les chaleurs de l'été.

Chaque recoin de ce Mas a été investi pour transformer la rudesse de la pierre en un lieu de vie chaleureux.



Cette terrasse surélevée est elle aussi typique. Elle permet de gagner un espace plat sur un terrain en pente et sert de transition entre
l'extérieur public (la ruelle) et l'intimité de la partie habitée du Mas.


On voit ici un bel auvent soutenu par de fortes consoles en bois (des liens). Sa fonction est double : protéger le mur en pierres et son
entrée de la pluie battante, tout en offrant de l'ombre en été.

Le muret au premier plan montre le travail de la pierre sèche, avec de grandes dalles de schiste posées à plat pour servir de rebord ou
de banc naturel.



Ici, nous plongeons au cœur de l'organisation sociale et spatiale d'un Mas cévenol. Cet espace révèle des éléments architecturaux plus
complexes, notamment sur la gestion de la pente et de la circulation de ses habitants. On comprend bien comment les bâtiments s'emboîtent dans une construction organique où chaque espace vide (cour, recoin) est optimisé pour le stockage ou la vie quotidienne.

Le passage voûté (un niveau en dessous de la porte principale) est un élément central de cette cour intérieure sur plusieurs niveaux et créant un passage couvert.

Dans ces hameaux escarpés, les Mas sont composés de plusieurs "blocs" collés les uns aux autres tout en s'adaptant au dénivelé de la montagne. Ainsi, cela forme également une multitude de niveaux de toitures. L'intérieur de chacun de ces "blocs" (représentant une ou deux pièces) est relié par une ouverture dans l'épais mur mitoyen créant de petits couloirs munis de deux à trois marches pour passer d'un "bloc" à l'autre.

Dans la cour intérieure, on retrouve également différents passages. L'ensemble du Mas épouse la pente parfois sur cinq ou six niveaux. Ces passages permettent de circuler à l'abri ou de passer sous une pièce de vie. Parfois même ils enjambent une ruelle en formant un pont (fermé ou non), reliant une partie du Mas à une autre partie (photo exemple en fin de page) sans avoir besoin de faire tout le tour.

On peut voir ici une voûte bâtie "en plein cintre" réalisée avec des pierres posées de chant. C'est une prouesse technique qui permet de
soutenir le poids des étages supérieurs tout en libérant l'espace au sol.



Je vous emmène à l'intérieur de ce passage voûté mais cette fois avec un recul qui permet d'apprécier la profondeur (environ 5 mètres) et l'usage quotidien de cet "espace tampon". 


Les murs épais du tunnel servent de protection naturelle contre le gel et le soleil. On voit que cet espace est utilisé pour entreposer une multitude d'objets (plantes, pots, outils de jardin, décorations), transformant un simple lieu de passage en une véritable extension de la
maison. À gauche au fond, à côté d'un des battants du portail, on distingue une porte en bois, accès à une dépendance.


La voûte forme un cadre naturel qui découpe la lumière vive de l'extérieur (rendant la photo très compliquée). Cette ouverture montre le dénivelé important par une "fenêtre" ouvrant sur un versant de montagne.


On voit ici les grandes Lauzes de Schiste qui composent le pavement. Leur aspect poli et irrégulier témoigne de siècles, de piétinement.


 

Nous plongeons à présent dans l'intimité logistique et historique du Mas. Elle révèle les différents espaces de stockage et de travail situés sous les niveaux d'habitation, là où la pierre brute rencontre les besoins utilitaires.


On observe deux arches massives en pierre, chacune ayant une fonction précise.


À gauche, la petite voûte en plein cintre qui mène à un bûcher et une cave. On y voit du bois de chauffage entreposé, soulignant
l'importance du chauffage au bois dans ces contrées.


À droite, une arche beaucoup plus large et assez basse. Ce type de structure servait souvent de remise pour les outils agricoles, de pressoir, ou d'abri pour le petit bétail. La maçonnerie des voussoirs (les pierres formant l'arche) montre une grande maîtrise technique pour supporter le poids phénoménal de la terrasse située juste au-dessus.



Le hameau est un exemple de "l'architecture complexe sans architecte". Chaque mur et chaque escalier a une raison d'être, pratique avant d'être esthétique. Il témoignage de la résilience humaine en milieu montagnard.

Les Cévenols ont su créer des espaces de vie intimes et protégés, nichés au creux de montagnes pourtant rudes. Ces lieux de vie sont de véritables livres ouverts sur l'histoire rurale où chaque pierre raconte des siècles d'adaptation et de soin. 

C'est une vision authentique de la vie dans un hameau Cévenol, où l'ingéniosité humaine s'adapte sans cesse à la rudesse et à la beauté de la pierre. Ici, le soleil est un allié précieux que l'on cherche à capturer tout en s'en protégeant derrière des murs épais et l'eau y est toujours de l'or liquide (aujourd'hui cependant plus facile à stocker qu'autrefois).

Le calme qui se dégage de ces lieux évoque des hameaux souvent isolés, accessibles par de petites routes sinueuses, où le temps semble s'être arrêté.

Illustration d'un passage en pont ouvert pour aller d'une partie du Mas à une autre partie (Image web).


 


Autrefois, un petit pont fermé de 4m de longueur et doté de meurtrières enjambait la ruelle qui traverse toujours le hameau haut. 
Il permettait de circuler de ma cuisine actuelle vers une autre partie du Mas sans avoir à sortir. Ce pont était une "soudure" entre les "blocs" d'un seul et même Mas. Ce petit pont a été démantelé il y a une cinquantaine d'années et les ouvertures ont été bouchées. Aujourd'hui, ce Mas est scindé en deux ensembles de blocs distincts formant deux habitations indépendantes. 

 




Le mot "Mas"' vient du latin médiéval mansus, dérivé du verbe manere (demeurer, rester). À l'époque féodale, le mansus n'était pas seulement un bâtiment, mais une unité de mesure agraire. Il représentait la superficie de terre nécessaire pour nourrir une famille de paysans, ses
attelages et autres animaux pendant une année entière. En s'installant dans le langage courant (le provençal et l'occitan), le terme a évolué pour désigner l'ensemble de l'unité de production comprenant la maison d'habitation, les dépendances (granges, écuries, magnaneries) et les terres attenantes (champs, vignes, vergers).


 

Mas cévenol typique vu du ciel montrant les "blocs" de bâtis imbriqués les uns contre les autres. On peut y voir un passage en pont ouvert pour aller d'une aile de la bâtisse à une autre (image web)



Le Mas cévenol n'est pas une "forteresse" par coquetterie ou par désir de paraître puissant. Son aspect défensif, massif et fermé est une
réponse directe à un environnement hostile, tant sur le plan climatique qu'historique. Il existe quatre raisons majeures qui expliquent cette
allure de citadelle :


- Autrefois, il fallait pouvoir lutter contre un climat extrême entre l'été et l'hiver, le premier "ennemi" du paysan cévenol était la météo.
Aujourd'hui, le climat est beaucoup plus modéré, et rares sont les hivers nous apportant neige et grands froids ;


- L'autarcie : Le mas était conçu pour fonctionner comme une unité de survie autonome. Tout est regroupé sous "un même toit" dans une enceinte fermée ;

- L'adaptation au relief : contrairement aux fermes de plaine qui s'étalent, le Mas cévenol grimpe pour ne pas gaspiller de terres cultivables (précieuses sur les pentes).

- L'histoire des Cévennes est marquée par les conflits et l'insécurité, notamment les Guerres de Religion et l'insurrection des Camisards
(début XVIIIe siècle). le 1er mars 1562 marque le début de la guerre de religion entre catholiques et protestants. Les tensions s'aggravent devant l'influence croissante du protestantisme.


 

Façade d'un autre Mas Cévenol aux allures de forteresse (image Web)




 


La raison de ces bâtis en "forteresses" vient essentiellement du fait que l'histoire des Cévennes a été fortement marquée par les conflits et l'insécurité, notamment les Guerres de religion.

Un peu de cette histoire...


Le 1er mars 1562 marque le véritable coup d'envoi des Guerres de Religion en France. Le duc de Guise (chef du parti catholique) et ses troupes passent par la ville de Wassy, en Champagne. Ils y découvrent un grand nombre de protestants réunis dans une grange pour célébrer leur culte, ce qui est alors perçu comme une provocation. L'altercation dégénère en boucherie. On dénombre environ 50 morts et plus de 150 blessés parmi les huguenots désarmés.

Cet événement rompt la fragile paix de L'édit de Janvier 1562 (également appelé édit de Saint-Germain), texte législatif crucial dans l'histoire de France. Signé par le roi Charles IX, alors âgé de 11 ans, il a été largement porté par sa mère, la régente Catherine de Médicis, et le chancelier Michel de L'Hospital.
C'est à cette époque que Michel de L'Hospital prononce sa célèbre maxime : "Ne nous demandons pas si nous sommes papistes ou huguenots, mais si nous sommes citoyens." Cet Édit est considéré comme l'ancêtre de l'Édit de Nantes (1598).

Bien que le massacre ait eu lieu en Champagne, les répercussions dans les Cévennes ont été immédiates et profondes.

Dès l'annonce du massacre, les villes du Languedoc et des Cévennes (Nîmes, Alès, Montpellier) se soulèvent. Les protestants locaux, qui sont déjà majoritaires dans ces montagnes, s'organisent militairement pour ne pas subir le même sort que ceux de Wassy. Dans les mois qui suivent, les Cévennes deviennent une place forte protestante. Les églises catholiques sont souvent transformées en temples ou fortifiées, et l'autorité royale y est contestée par les seigneurs locaux passés à la Réforme. 

Ce 1er mars 1562 lance un cycle de violences de 36 années qui ne s'apaisera (provisoirement) qu'en 1598 avec l'Édit de Nantes de Henri IV. 

Si l'on s'en tient à l'histoire officielle de France, on compte 8 guerres de religion. Mais en Cévennes, le décompte est différent car la région est restée une zone de combat bien après la paix signée ailleurs. Si l'on additionne tout, les Cévennes ont connu 10 phases de guerre ouverte étalées sur 140 ans : 8 guerres nationales (XVIe siècle) ; 1 guerre de résistance ducale (XVIIe siècle - Rohan) et 1 guerre civile de guérilla (XVIIIe siècle - Camisards).

On peut noter parmi elles :


Sous Louis XIV, les Cévennes sont systématiquement visées par les "Dragonnades" (1685). Le roi envoie les "Dragons" (les soldats de cavalerie) dans les Cévennes avec une méthode d'attaque : loger chez l'habitant et une fois entrés, ils utilisent la torture, le viol et le pillage pour forcer les conversions au catholicisme (J'ai d'ailleurs retrouvé une "forte-épée " marquée du sceau des Dragons du roi sous un parquet de notre ancienne maison à Aulas près du Vigan). A partir de là le protestantisme devient clandestin (la période du "Désert"). 

Dans une région où le relief est déjà un labyrinthe de schiste et de granit, les protestants transforment les sous-sols des Mas et les cavités naturelles en un réseau invisible (tant logistique que de fuite), véritable monde souterrain aux fins de compenser l'infériorité numérique face aux dragons de Louis XIV.

Ensuite, en 1703 avec le "Brûlement des Cévennes" quand Louis XIV a ordonné la destruction totale de plus de 450 villages et hameaux. Les populations sont chassées ou tuées, transformant la région en zone de guerre totale.

C’est donc l'insécurité chronique née du 1er mars 1562 et prolongée jusqu'au XVIIIe siècle qui a forcé les populations à concevoir des fermes (les Mas) comme de véritables petites unités militaires et économiques autonomes, et non pour des raisons de climat.





En effet, pour une armée royale habituée aux batailles en plaine et aux formations en ligne, les Cévennes étaient un cauchemar logistique. Les cavaliers ne pouvaient pas charger et l'artillerie lourde était impossible à déplacer sur des sentiers escarpés. En outre, l'habitat cévenol est dispersé.

Contrairement aux villes fortifiées que l'on peut assiéger, les Cévennes étaient composées de milliers de petits hameaux ou de Mas isolés et auto-suffisants assez bien préservés de la vision par les montagnes et la forêt dense. Au-delà de leur simple fonction de ferme, les Mas cévenols étaient de véritables unités de défense passive. Construits en schiste ou en granit, des pierres locales très dures et résistantes au feu. Les murs extrêmement épais offraient une protection naturelle contre les projectiles et rendait toute tentative d'intrusion par la force très lente. Au rez-de-chaussée, les ouvertures étaient rares et très étroites. Cela limitait les points d'entrée pour les soldats tout en permettant aux habitants de voir sans être vus. Le rez-de-chaussée (destiné au bétail) et l'étage (habitation) ayant des entrées séparées sur des niveaux de terrain différents, en cas d'attaque (souvent par le sentier d'accès au niveau bas), les habitants pouvaient s'échapper par le haut dans la montagne. L'accès à l'étage se faisant par un escalier de pierre, cela créait un goulot d'étranglement facile à défendre si des soldats tentaient de monter. Un Mas n'était donc pas juste une maison, ni même une ferme, c'était un système de survie complet qui permettait de tenir un siège ou de nourrir la rébellion en secret.






Malgré la fin officielle des guerres, la "mémoire du feu" est restée si vive dans le bâti (nos fameux mas-forteresses) et dans les esprits que les Cévennes sont restées une terre de résistance, se manifestant à nouveau très fortement durant la Seconde Guerre mondiale avec les maquis. 

Les petits-fils des huguenots ont utilisé exactement les mêmes atouts géographiques et tactiques que leurs ancêtres pour lutter contre
l'Occupation nazie et le régime de Vichy. Les Cévennes sont redevenues une terre de dissidence.  La mémoire de la persécution religieuse était encore très vive. Pour les Cévenols, dire "non" à une autorité jugée illégitime et répressive était une véritable culture familiale.

Les fameux Mas-forteresse et la culture de la châtaigne permettaient de nourrir les habitants, mais aussi des groupes de résistants cachés sans avoir à dépendre des circuits de ravitaillement officiels. On a rouvert les souterrains et les doubles cloisons des mas pour cacher des armes parachutées par les Anglais ou pour abriter des familles juives (les Cévennes ont été un immense refuge pendant la Shoah,  tout comme au Chambon-sur-Lignon en Haute-Loire). Les paysans ravitaillaient les maquisards en déposant de la nourriture dans des lieux convenus (souvent des bergeries isolées), exactement comme pendant la guerre des Camisards. Le réseau d'alerte ultra-rapide était basé sur la connaissance parfaite des sentiers de muletiers invisibles depuis les routes.


En août 1944, les maquisards cévenols sortent de leurs forêts. Ils harcèlent les colonnes allemandes en retraite (notamment la tristement
célèbre division SS Das Reich). Ils libèrent eux-mêmes des villes comme Alès, Nîmes et Montpellier avant même l'arrivée des troupes alliées régulières.






Les Cévennes ne sont pas seulement un massif montagneux spectaculaire avec des demeures atypiques, c'est une terre dont l'identité même s'est forgée sur l'accueil, la résistance et la solidarité.

À partir des années 1970, les Cévennes ont attiré une nouvelle vague d'arrivants : Des jeunes en quête d'alternatives (les "hippies" puis les néo-paysans) venus relancer l'élevage de chèvres et la culture de la châtaigne. Cette mixité entre "ceux d'ici" et "ceux d'ailleurs" a créé un tissu social unique, très axé sur l'écologie et l'autonomie.

 

"En Cévennes, on n'accueille pas seulement les gens, on accueille leurs idées et leur liberté". 
C'est une terre rude, exigeante, mais où la porte n'est jamais vraiment fermée pour celui qui respecte la montagne.


Ici, la tradition de "Terre d'accueil" n'a jamais failli, et c'est une réalité très agréable à vivre.


 

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M
Un plaisir de découvrir cette région que je connais peu. Passe une bonne soirée.
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P
Ravie que tu aies apprécié.<br /> Bonne journée.
M
Bonjour Pascale ,<br /> Les Cévennes terre d’accueil mais aussi héritage patrimonial précieux qu’il faut préserver , une terre courage , tout cela me parle et mérite le respect .<br /> J’ai vu ce Samedi le documentaire sur la Lozère 👍<br /> Amicalement
Répondre
P
Bonjour Jean-Robert,<br /> Bien évidemment, je suis totalement d'accord avec cela ;-)<br /> Je l'ai regardé aussi en replay hier soir, j'ai forcément beaucoup aimé, c'est un beau documentaire pour découvrir le département en plein hiver (rare de le présenter à cette saison), de l’Aubrac aux Cévennes en passant par les gorges du Tarn, de la Jonte et Mende.<br /> Amicalement.
G
Coucou Pascale,<br /> Merci pour ce complément captivant ajoutée à l'avant dernier paragraphe. <br /> On regarde souvent les vieux mas cévenols pour leur esthétique brute, en oubliant que chaque pierre a été posée avec une intention de survie. Faire le lien entre le massacre de Wassy et la structure même d'une fenêtre ou d'un escalier de schiste rend l'histoire palpable. <br /> Il est fascinant de voir comment l'insécurité a sculpté le paysage autant que le relief lui-même.<br /> Un texte puissant qui démontre que la résistance n'est pas un événement isolé en Cévennes, mais un trait "génétique". Le parallèle entre les Camisards et les Maquisards de la seconde guerre mondiale est saisissant : les mêmes sentiers, les mêmes caches, la même détermination. Ce texte nous rappelle que nos maisons ne sont pas de simples logements, mais les témoins silencieux d'une liberté chèrement défendue.<br /> Passionnant ! L'anecdote de l'épée des Dragons retrouvée sous le parquet donne des frissons... Cela humanise l'Histoire avec un grand H. On comprend mieux pourquoi ces maisons semblent si "fermées" de prime abord : elles protégeaient une intimité et une foi clandestines. <br /> Merci pour ce partage qui change notre regard sur la vie en Cévennes et sur le patrimoine cévenol.<br /> Caresses à Ptit'Gus, et bisous tout plein ♥
Répondre
P
Avec plaisir.<br /> A toi également ♥
G
Merci pour toutes ces réponses claires et concises.<br /> On va pouvoir se recaler une visite à Mialet, je viens de regarder, c'est réouvert depuis le 1er mars.<br /> Belle fin de journée ♥
P
Tu as raison, et il y a eu aussi l'apparition de l'imprimerie et la circulation des livres. Avant, seuls les prêtres lisaient la Bible (en latin). Le peuple écoutait ce que l'Église voulait bien lui dire. Après, les protestants traduisent la Bible en langue vulgaire (allemand, français). Ils considèrent que chaque croyant est libre de lire et d'interpréter le texte sacré sans intermédiaire. C'est la fin du monopole du clergé.<br /> À la Renaissance, l'Église catholique traverse une crise morale. Certains papes et évêques vivent comme des princes, s'entourent de luxe et participent à des guerres. De nombreux prêtres sont peu instruits et ne respectent pas leurs vœux. Alors les réformateurs (Luther, puis Jean Calvin en France) veulent revenir à la simplicité de l'Église primitive.<br /> Puis enfin une autre vision de la foi. Pour les protestants, il n'y a pas de barrière sacrée entre le prêtre et le fidèle. Le pasteur n'est pas un être "à part" ; c'est un guide, souvent marié, qui vit comme tout le monde. Cela donne une grande autonomie et une grande responsabilité aux individus, ce qui explique pourquoi le protestantisme a si bien pris dans des régions de forte identité comme les Cévennes. C'est la version de Calvin qui s'est implantée dans le Sud de la France. Elle a séduit les populations par sa rigueur, son rejet de la hiérarchie romaine et son lien direct avec l'étude et l'alphabétisation (il fallait savoir lire pour être protestant).<br /> Les idées de la Réforme n'ont pas voyagé par les routes royales, mais par les sentiers des chèvres. Dans les Cévennes, le protestantisme s'est propagé grâce à une figure de l'ombre : le colporteur.<br /> Passionnant tout cela mais combien de morts....<br /> Merci pour cet échange passionnant et re gros bisous ♥
G
Merci beaucoup.<br /> Oui, en effet, cela explique très bien et du coup, je comprends à présent le nom du Musée du Désert de Mialet.<br /> Je me souviens qu'on nous avait expliqué que le point de rupture qui a créé le protestantisme vient du moine allemand Martin Luther lorsqu'il s'insurge contre la vente des "indulgences" quand l'Église demandait de l'argent aux fidèles en échange du pardon de leurs péchés (pour financer la construction de la basilique Saint-Pierre de Rome) et que la position de Luther était "On ne peut pas acheter le salut de son âme. Seule la foi compte". Enfin, entre autres, car il me semble qu'il y avait d'autres points expliquant cette divergence.<br /> Re bisous tout plein ♥
P
Idem, je trouve aussi cette histoire de la région passionnante et poignante.<br /> Pour ce terme, il y a trois raisons en réalité.<br /> La première est la référence biblique (L'Exode) Les protestants, très imprégnés de la lecture de la Bible, s'identifiaient au peuple d'Israël errant dans le désert après avoir fui l'Égypte. Pour eux, la France de Louis XIV était une nouvelle terre de servitude. Ils se voyaient comme un peuple en marche vers la Terre Promise, vivant une épreuve purificatrice loin des villes corrompues.<br /> La seconde était le choix de l'isolement géographique. Puisque leurs temples étaient rasés et le culte interdit, les protestants devaient se réunir dans des lieux "déserts" (au sens de lieux inhabités et sauvages) des vallons reculés des Cévennes. Des grottes, des forêts denses ou des ravins escarpés. On appelait alors "Prêche au désert" les cérémonies religieuses clandestines organisées en pleine nature, souvent de nuit, sous la protection de guetteurs.<br /> La troisième étant que c'était aussi un désert institutionnel. Pendant un siècle, les protestants n'existaient plus officiellement : Leurs registres de baptêmes et de mariages n'avaient aucune valeur légale. Ils étaient "morts au monde" civilement. Leurs pasteurs étaient traqués : on les appelait les "Pasteurs du Désert". S'ils étaient capturés, c'était la mort ou les galères.<br /> J'espère avoir répondu à ton questionnement.<br /> Re bisous ♥
G
Merci pour cette réponse passionnante. Cette région me fascine de plus en plus et je suis admirative du courage de ces hommes et femmes qui ont su défendre leurs convictions depuis des siècles sans jamais faillir.<br /> J'ai encore une question, sais-tu pourquoi on appelle cette période de persécution des protestants "la pédiode du Désert" ?
P
Coucou Gisou,<br /> La raison d'être de ces Mas-forteresse est essentiellement liée à ces raisons d'insécurité avant d'être une adaptation météorologique. <br /> J'avoue que nous avons eu froid dans le dos en découvrant cette épée sous le parquet. Il y a certainement eu un massacre dans cette maison y compris au moins un des Dragons du roi. A cette période, mes enfants adoraient jouer (sans nous le dire bien évidemment) dans les labyrinthes creusés sous le village permettant aux Huguenots d'échapper à la répression.<br /> Je n'ai pas abordé tous les sujets, mais il y a aussi l'histoire des "enfants dans les arbres" en Cévennes qui n'est pas une légende romantique, mais une réalité tactique et tragique liée à la Guerre des Camisards et à la période du Désert. Dans ces montagnes escarpées, les arbres (et particulièrement les châtaigniers millénaires creux) ont servi de berceaux, de postes de guet et de refuges ultimes. D'ailleurs, certains châtaigniers millénaires en Cévennes sont encore appelés localement des "arbres-refuges". On raconte qu'ils ont pu abriter jusqu'à trois ou quatre enfants simultanément dans leurs flancs les préservant des massacres.<br /> Ces arbres ont repris leur rôle protecteur pendant la seconde guerre mondiale, mais avec une dimension supplémentaire : celle du refuge pour les enfants juifs et les réfractaires au STO. Lors de l'Occupation, les familles cévenoles protestantes ont accueilli des centaines d'enfants juifs (notamment via des réseaux comme l'OSE ou grâce à des pasteurs). Pour ces paysans, cacher un enfant persécuté pour sa foi était un devoir ancestral. En cas d'alerte (arrivée de la Milice ou de la Gestapo dans le village), le premier réflexe était de fuir vers la forêt de châtaigniers. Les enfants apprenaient à se fondre dans le paysage et à utiliser les arbres creux comme abris temporaires le temps de la fouille du mas.<br /> À cette même période de « joyeusetés », les adolescents et les jeunes hommes qui rejoignaient le maquis utilisaient eux aussi les arbres pour surveiller les routes de la vallée. Ainsi les jeunes guetteurs restaient des journées entières dans les branches des grands pins ou des châtaigniers pour signaler les colonnes allemandes. Ils utilisaient des codes sonores hérités du passé (souvent des cris d’animaux) pour prévenir le mas en contrebas du danger imminent.<br /> La vie dans la région n'a pas été "un long fleuve tranquille", mais cela a forgé le tempérament de ses habitants, leur ouverture d'esprit et leur tolérance. Elle est très paisible aujourd'hui, pourvu que cela dure ;-)<br /> Caresses transmises à Gus.<br /> Gros bisous à toi ♥ <br />
M
Merci Pascale pour cette visite d'un mas cévenole <br /> Superbes photos. Superbe documentation. <br /> Bon dimanche Pascale
Répondre
P
Merci Dominique.<br /> Bonne journée également.
Z
Bonjour <br /> J'adore toutes ses maisons en pierre <br /> la mienne date de 1789 et toute en pierre <br /> une façade a été crépi plus facile pour l' entretien ?<br /> pour pif ...je t'ai mis une réponse <br /> bisous
Répondre
P
Bonjour Zette,<br /> Idem chez moi (même un peu plus vieille). Ici, on décroute les maisons qui ont été crépies à une certaines époque pour retrouver les façades en pierres. <br /> Merci pour les nouvelles de Pif.<br /> Bisous.
J
C'est un véritable plaisir de découvrir avec tes splendides photos et toi comme guide, le charme et l'histoire du patrimoine cévenol. Bon dimanche, Pascale.
Répondre
P
Merci beaucoup Jean-Louis.<br /> Bon dimanche également.
E
Bravo pour cette note très intéressante ! tu nous donnes des infos qui complètent certaines de nos connaissances. Oui, les hommes dans les Cévennes vivaient au rythme des saisons et en autonomie car, quand il y a de la neige il faut avoir de quoi se nourrir sur place. Les dépendances sont là pour compléter l'habitation. Il faut faire des réserves et il faut de la place pour les stocker en cas d'intempéries, en plein hiver par exemple. Et pour se protéger des rayons du soleil ou des grands vents, tout a été pensé. Bon week end. Bises.
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P
Merci Élisabeth, tu as résumé en partie les raisons. <br /> Pour autant, la raison essentielle de ces Mars "forteresse" n'est pas le climat mais l'insécurité chronique des guerres de religion née du 1er mars 1562 et prolongée jusqu'au XVIIIe siècle, ce qui a forcé les populations à concevoir les fermes (Mas) comme de véritables petites unités militaires et économiques autonomes. <br /> Toi qui je le crois ne vit pas très loin, et si tu ne connais pas, tu peux aller au "Musée du Désert" à Mialet, c'est vraiment très intéressant.<br /> J'en ai profité pour compléter mon article sous la dernière photo avec ce point précis.<br /> Bises et bon dimanche.
E
bjr Pascale, je suis sous le charme de ces mas anciens, retapés avec goût et fleuris avec délicatesse<br /> merci pour ce partage<br /> bon wk
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P
Ravie que tu aies aimé Eki.<br /> Bon weekend également.
N
Bonjour Pascale, j'aime beaucoup ce mas que tu nous montres ... comme chaque détail est adapté à la situation ! Ca doit demander un sacré entretien ! Mais par sa situation dans un "terrain pentu" , mon genou n'apprécierait pas ... dans les dénivelés ou les escaliers il me faut des bâtons ou une bonne rampe, du coup je reste chez moi, mais pourtant cet environnement me plairait bien !<br /> Gros bisous pour un beau week end
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P
Bonsoir Nini,<br /> Oui, il est certain que dans ces mas, il y a au moins quelques marches pour passer d'une pièce à une autre étant donné la pente sur laquelle ces demeures sont construites. Certains en ont plus que d'autres. <br /> C'est un environnement très séduisant.<br /> Gros bisous et bonne soirée.
N
bonjour Pascale<br /> merveilleux petits lieux typiques de ton pays tout a fait charmants et chargés de souvenirs du passe mais toujours présents<br /> bon WE a toi bisous et au 4 pattes ☺♥
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P
Bonjour Nays,<br /> Merci pour cette petite visite qui me fait toujours plaisir.<br /> Ravie que tu aies apprécié.<br /> Transmis à Gus.<br /> Bisous à vous en espérant que vous allez bien ♥
L
Elles ont vraiment beaucoup de charme toutes ces maisons de pierre. Elles constituent un patrimoine authentique à conserver le mieux possible et participent sans aucun doute à l'attrait de cette région de France si chère à ton coeur.<br /> Elles ont plein de petits détails qui sont assez plaisants et bien évidemment, j'aime la présence du chat sur certaines photos :-)<br /> La tienne figure sur une des photos ?<br /> Bises et très bon Week-end avec une 'tite caresse au GUGUs.
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P
Et ça tombe bien car elles sont bien entretenues, donc prêtes à continuer à traverser le temps ;-)<br /> Nous aimons aussi les Chats, mais nous n'en avions plus quand nous sommes arrivés dans le hameau. En arrivant ici, nous avons décidé de devenir refuge L.P.O. et maintenir un chat enfermé n'est pas du tout dans ma vision des choses. Nous n'avons donc pas adopté un autre chat. De plus, quand nous avons perdu Gampo, nous avons dû batailler et modifier tout notre aménagement de mangeoires pour qu'ils ne se fassent pas dévorer par les chats du voisinage (qui ont vite compris que nous n'avions plus de chien). À présent avec Gus, ils n'osent plus s'aventurer sur le terrain car lui voudrait bien jouer, mais les chats moyen-moyen, alors ce sont les Oiseaux qui sont redevenus les maîtres des lieux et sans plus aucun risque pour eux de finir en casse-croûte.<br /> Non, pas sur cette page, ce Mas est celui d'un couple d'amis, mais elle se trouve dans un précédent article, sans que je l'ai précisé.<br /> Caresses transmises à Gus, idem pour Vasco.<br /> Bises et bon weekend.
G
Coucou Pascale,<br /> J'ai oublié de parler du dernier paragraphe. "Terre d'accueil" est vraiment une réalité indéniable et je l'ai constaté dès le jour de mon emménagement. Les gens sont très serviables, ils s'enquièrent des besoins éventuels pour donner un coup de main spontané, et tous cela sans attente de retour et sans se montrer invasifs. Ils sont aussi très tolérants mais attendent la réciprocité sur ce point. <br /> Comme tu le dis, une réalité bien agréable à vivre.<br /> Caresses et pensées pour Gus avec la pluie depuis ce matin.<br /> Bisous tout plein et à tout bientôt ♥
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P
Coucou Gisou,<br /> C'est une réalité que nous avons aussi remarquée, que ce soit ici ou quand nous étions côté Aigoual. <br /> Ah ça, ils ne sont pas invasifs car ils craignent toujours de déranger si ce n'est pas pour offrir un coup de main quand ils nous voient peindre, lasurer les volets, retourner un bout de terre, ou encore pour apporter un sac de châtaignes ou des légumes... Il faut un peu les apprivoiser pour briser cette crainte là. <br /> Quant à la tolérance, c'est normal la réciprocité, rien de surprenant au final ;-)<br /> Pfff, Gus n'a pas pu faire la balade ce matin, peut-être cet après-midi. Caresses et pensées transmises.<br /> Gros bisous et à très bientôt ♥
C
ton article est un vrai bonheur; tu me ravis avec tes explications claires et tes superbes photos. merci pour la découverte de ces mas, de leurs histoires et de ton village. bises.celine
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P
Merci beaucoup Céline, c'est très gentil.<br /> Bises et bonne journée.
W
Beautiful detailed photography and the colors are also beautiful, lovely surroundings where the photos were taken.
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P
Thanks a lot Willem.
C
bonjour Pascale<br /> quel havre de paix, symbole de cette région. J'aime beaucoup le passage qui amène à la terrasse carrelée, on a l'impression de traverser un col pour arriver à cette terrasse. Je vois aussi que le chat apprécie ces pierres. Une ambiance chaude, vraie ! Les illustrations du web montrent bien la solidité des constructions de l'époque, des matériaux aussi !! <br /> Merci pour la visite
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P
Bonjour Francette,<br /> Merci, c'est gentil. Tu as bien cerné cette impression, y compris le fait que ce soit le paradis des chats dans ce Mas.<br /> C'est un contraste frappant, on admire des Mas cévenols qui tiennent debout depuis le XII° siècle et sont toujours habités alors que certaines maisons récentes montrent des signes de fatigue après seulement trois à quatre décennies. Ce n'est pas qu'une impression de "c'était mieux avant", c'est une réalité tant économique que technique. Et puis, historiquement, une maison était construite pour la transmission familiale des générations futures. Aujourd'hui, une maison est souvent conçue pour durer quelques dizaines d'années (100 ans est souvent un max). Monter un mur en pierre sèche prend des mois et nécessite un savoir-faire coûteux. Monter un pavillon en parpaings normé selon les directives de chaque pays de l'U.E. cela ne demande que quelques semaines. Pour atteindre des sommets d'étanchéité à l'air, on a transformé les maisons en "boîtes hermétiques" avec des matériaux a plus bas coût mais si la VMC tombe en panne, l'humidité attaque la structure quasi immédiatement (ce qui n'arrive pas dans une maison ancienne qui "respire" naturellement même quand elle a été rénovée). C'est un paradoxe, mais la recherche de performance énergétique à poussé vers des matériaux moins durables. Et puis... cela fait marcher l'économie ;-)<br /> A bientôt.
P
Bonjour,<br /> Je suis admirative de la manière dont les habitants de cette région ont su de tout temps adapter leurs constructions aubcaractère spécifique de cette région et tout cela avec beaucoup de tact , un goût certain , un peu austère , et auquel je trouve un charme intemporel et très attachant .Et ce qui me frappe c'est le respect qui perdure à notre époque , de toute cette beauté .S'il en était ainsi partout , ce serait le paradis .Quand on regarde un hameau comme celui que tu nous montres là, pas besoin de faire mentalement abstraction de petites horreurs qui gâchent tout , d'anachronismes tonitruants .Tout est homogène , authentique sans être frisé au petit fer .Pas non plus d'intrusion trop visible visible de l'écologie .Peut-être cela tient-il au niveau culturel des gens qui ont choisi de vivre là ...<br /> Merci pour ce bel article .<br /> Bise .
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P
Bonjour Sophie,<br /> Je partage cette vision, et je pense que c'est la raison qui m'a séduite dans cette région. En revanche, jamais je n'ai ressenti ce côté austère, au contraire, je trouve ces hameaux (et leurs habitants ) particulièrement chaleureux. À l'image de leur devise "Al Sourel de la Liberta" (au soleil de la liberté). Une liberté de penser, une liberté de culte... pour lesquelles ils ont lutté ardemment et qui fut si chère à ces gens des terres dures des Cévennes qu’ils lui sacrifièrent jusqu’à leur vie.<br /> C'est vrai que c'est un lieu ou rien n'est trop apprêté ou artificiel, idéal pour conserver la sérénité et se tenir éloigné de cette étrange époque actuelle. Excepté les fils électriques peut être bientôt enterrés, pas d'équipements modernes mal intégrés qui pourraient briser l'unité visuelle du lieu.<br /> Tu as raison, la préservation du hameau (et c'est assez général dans la Parc National) est un acte conscient et intellectuel de ses habitants que j'apprécie beaucoup. Et puis, les Cévenols aiment réellement leur terre ;-)<br /> Merci à toi, ravie que tu aies apprécié.<br /> Bise<br />
M
Un très intéressant reportage sur ces maisons en pierre de ta région! Elles me font penser aux maisons en pierre des vallées du Tessin, Val Verzasca ou Val Maggia! https://molangel.aminus3.com/image/2019-09-18.html<br /> Belle journée Pascale!
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P
Bonjour Monique.<br /> Je te remercie, c'est gentil.<br /> Je suis allée voir ton lien et ces demeures ont en effet un charme assez semblable à celles des cévennes.<br /> Du coup, je suis allée voir sur ce lien qui présente pas mal de photos : https://www.alamyimages.fr/quelques-petites-maisons-dans-le-village-de-foroglio-avec-de-vieilles-maisons-de-pierre-rustico-dans-la-vallee-de-maggia-au-tessin-suisse-image471783462.html<br /> Ces maisons sont plus monobloc, mais le charme est bien là.<br /> Merci pour ce partage. Bonne journée.
L
Un magnifique reportage passionnant et ce mas cévénol est superbe!! C'est un très bel endroit qui doit faire bon vivre.<br /> Les anciens ont su s'adapter intelligement aux conditons de vie et au climat de la région!<br /> Ce hameau me fait penser beaucoup à certain endroit de l'Ardèche.<br /> J'ai beaucoup appris sur l'agencement de ces maisons et merci pour tes belles photos.<br /> Bisous et belle journée
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P
Merci, c'est gentil.<br /> Aucun doute pour ce qui me concerne, mais ces endroits isolés dans la montagne ne conviennent pas à tout le monde, certains trouvent même ces lieux angoissants ;-)<br /> Les Cévennes s'étendent sur l'Ardèche, et on y retrouve aussi ces mas à multiples niveaux à flancs de montagnes en effet.<br /> Bisous et bonne journée.
Z
Merci Pascale pour cette mine de renseignements sur ce qu'est un mas . C'est super intéressant et je comprends ton attachement à cet endroit.<br /> Amitiés bises et ronrons. Caresses à Gus .
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P
Ravie que tu aies apprécié Zoé.<br /> Bises et caresses à la belle Lulu.
A
Les demeures cévenoles ont beaucoup de charme. Merci pour toutes tes explications. Bises
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P
Avec plaisir Andrée. Bises