Lungta...
Quelques prières et pensées, envoyées au vent, pour tous ceux qui passeront cette soirée de réveillon de Noël
dans la rue, la faim au ventre, seuls ou dans la maladie, parfois dans une chambre d'hôpital...
Pour tous ces parents qui ce soir n'auront pas eu juste de quoi offrir un petit cadeau à leurs enfants parce
qu'ils ne peuvent tout simplement déjà pas faire face à leur facture d'électricité et qui passeront cette
soirée dans le froid si "les Robin des bois" ne sont pas passés par là. Mais aussi pour tous ceux qui dans
le monde vivent sous la menace des bombes, de la folie humaine, dans la souffrance d'un enfant assassiné,
dans la perte d'un être cher, dans l'injustice, dans le rejet, dans l'oubli,
dans la persécution, dans le harcèlement, dans la torture aussi...
Parce que oui, malheureusement toutes ces choses existent, même si elles sont plus ou moins éloignées de nos vies.
Une pensée (même si je sais qu'elle n'aura que peu de réconfort) à tous ceux qui souffrent ce soir et aussi...
tous les autres jours.
Je n'attends pas la fin d'année et ces jours festifs pour penser aux autres,
mais je sais aussi que c'est une période ou ces oubliés se sentent encore un peu plus oubliés...
Et si nous commencions par nous offrir des sourires (même virtuels) et un peu de courtoisie...
plutôt que des comportements froids, impersonnels, sans aucune cordialité.
Cela ne changerait certes pas la face du monde,
mais cela offrirait peut-être au moins un peu de chaleur aimable autour de nous.
Juste dans "l'être", finalement, et dans la pleine conscience que d'autres existent et ressentent autour de nous.



Moi, je file un rancard
A ceux qui n'ont plus rien
Sans idéologie, discours ou baratin
On vous promettra pas
Les toujours du grand soir
Mais juste pour l'hiver
A manger et à boire
A tous les recalés de l'âge et du chômage
Les privés du gâteau, les exclus du partage
Si nous pensons à vous, c'est en fait egoïste
Demain, nos noms, peut-être grossiront la liste
Aujourd'hui, on n'a plus le droit
Ni d'avoir faim, ni d'avoir froid
Dépassé le chacun pour soi
Quand je pense à toi, je pense à moi
Je te promets pas le grand soir
Mais juste à manger et à boire
Un peu de pain et de chaleur
Dans les restos, les restos du coeur
Autrefois on gardait toujours une place à table
Une soupe, une chaise, un coin dans l'étable
Aujourd'hui nos paupières et nos portes sont closes
Les autres sont toujours, toujours en overdose
J'ai pas mauvaise conscience
Ça m'empêche pas d'dormir
Mais pour tout dire, ça gâche un peu le goût d'mes plaisirs
C'est pas vraiment ma faute si y'en a qui ont faim
Mais ça le deviendrait, si on n'y change rien
J'ai pas de solution pour te changer la vie
Mais si je peux t'aider quelques heures, allons-y
Y a bien d'autres misères, trop pour un inventaire
Mais ça se passe ici, ici et aujourd'hui
Aujourd'hui, on n'a plus le droit
Ni d'avoir faim, ni d'avoir froid
Dépassé le chacun pour soi
Quand je pense à toi, je pense à moi
Je te promets pas le grand soir
Mais juste à manger et à boire
Un peu de pain et de chaleur
Dans les restos, les restos du coeur
Jean-jacques Goldman