Goéland leucophée
Larus michahellis - Yellow-legged Gull
Ordre : Charadriiformes
Famille : Laridés
Genre : Larus
Espèce : michahellis
Descripteur Naumann, JF, 1840
Taille : 68 cm
Envergure : 130 à 158 cm
Poids : 750 à 1250 g
Longévité : entre 20 et 30 ans
/image%2F0649317%2F20260212%2Fob_571c5a_pmd-9228.jpg)
Le Goéland leucophée, souvent appelé « Gabian » sur les côtes méditerranéennes, est un cousin plus costaud et plus audacieux de la Mouette mélanocéphale ou que la Mouette rieuse. Si la mouette brille par son élégance, le leucophée impressionne par sa puissance et son intelligence redoutable.
Voici ce qui le distingue et ce que l'on sait de ses capacités cognitives.
/image%2F0649317%2F20260212%2Fob_08bfbd_pmd-9174.jpg)
On le confond souvent avec le Goéland argenté (celui des côtes de la Manche), mais le leucophée a ses propres codes :
Pattes jaunes : Contrairement au Goéland argenté qui a les pattes roses, le leucophée arbore des pattes d'un jaune vif.
Regard "sévère" : Son iris est jaune clair, entouré d'un cercle orbital rouge très marqué, ce qui lui donne une expression souvent perçue comme plus agressive.
Manteau gris plus foncé : Son dos est d'un gris un peu plus soutenu que celui de l'argenté.
Bec puissant : Il possède un bec jaune épais avec une tache rouge très visible sur la mandibule inférieure, qui sert de signal visuel aux poussins pour réclamer de la nourriture.
/image%2F0649317%2F20260212%2Fob_06ce8c_pmd-6711.jpg)
L'intelligence du Goéland leucophée
Le leucophée est considéré comme l'un des oiseaux les plus intelligents et adaptables de nos côtes.
Son intelligence est avant tout opportuniste et stratégique.
La résolution de problèmes et l'innovation - Le leucophée ne se contente pas de chercher de la nourriture, il "invente" des méthodes :
Lavage de nourriture : On a observé des individus tremper des aliments trop secs ou sales dans l'eau avant de les consommer.
Utilisation d'outils (appâts) : Bien que plus rare que chez certains corvidés, des goélands ont été vus laissant tomber des morceaux de pain à la surface de l'eau pour attirer des poissons et les capturer.
Technique du lâcher : Pour ouvrir des coquillages ou des carapaces de crabes, il s'envole en hauteur et les laisse tomber sur des surfaces dures (rochers ou routes goudronnées). S'il rate son coup, il ajuste la hauteur ou l'angle de chute.
/image%2F0649317%2F20260212%2Fob_184d4b_pmd-6719.jpg)
Une mémoire sociale et contextuelle :
Reconnaissance des visages : Des études sur des espèces proches (comme le Goéland argenté) montrent qu'ils peuvent reconnaître des
humains spécifiques, surtout ceux qu'ils perçoivent comme une menace ou une source régulière de nourriture.
Planification temporelle : Ils sont capables d'intégrer les horaires humains. Ils connaissent l'heure de retour des bateaux de pêche, l'heure d'ouverture des décharges ou même les moments où les terrasses de restaurants sont les plus fréquentées.
/image%2F0649317%2F20260212%2Fob_d006be_pmd-5786.jpg)
Communication et coopération : Leur système social est complexe. Ils utilisent une "longue clameur" (le cri typique du goéland, tête jetée en arrière) non seulement pour marquer leur territoire, mais aussi pour transmettre des informations sur la hiérarchie au sein de la colonie.
/image%2F0649317%2F20260212%2Fob_233149_pmd-5787.jpg)
En milieu urbain, le leucophée peut devenir intimidant. Son intelligence lui a appris que l'humain est rarement un prédateur direct mais
souvent un "distributeur" de nourriture.
Ce manque de peur est une forme d'adaptation cognitive poussée.
/image%2F0649317%2F20260212%2Fob_0f822e_pmd-6704.jpg)
On observe de plus en plus de goélands nichant à l'intérieur des terres (Paris, Lyon, Clermont-Ferrand), suivant les axes fluviaux.
Ils n'ont plus besoin de la mer pour vivre tant qu'ils ont un toit plat et une décharge ou un marché à proximité.
/image%2F0649317%2F20260212%2Fob_5457f5_pmd-6741.jpg)
/image%2F0649317%2F20260212%2Fob_40a240_capture-d-ecran-2022-11-30-115939.jpg)