Incroyable Mésange à tête noire.
La Mésange à tête noire (Poecile atricapillus)
Elles fascinent les scientifiques avec leur incroyable mémoire.
Une étude a révélé les secrets fascinants de leur cerveau.
Il nous arrive tous d'oublier des choses, d'avoir des trous de mémoire comme le "syndrome du passage de la porte". Les Mésanges à tête noire, n’ont pas ce problème.
Chaque année, elles arrivent à retrouver jusqu'à 500.000 aliments qu'elles avaient bien cachés. Ces réserves se situent parfois sur plusieurs hectares.
Afin de comprendre comment fonctionne la mémoire de ces oiseaux, des neuroscientifiques de l’Université de Columbia, aux États-Unis, ont mené une étude. En implantant des petites puces, ils ont pu analyser l'activité de l'hippocampe, c'est-à-dire la zone du cerveau impliquée dans la mémoire et l'orientation dans l'espace. En observant leur activité cérébrale en pleine action, les chercheurs ont pu faire des découvertes à peine croyables.
Quand la Mésange noire cache une graine, son cerveau va créer une sorte de marquage, un souvenir unique qui l'aidera à la retrouver. Chaque cachette est associée à un schéma d'activation cérébrale spécifique. Même si deux cachettes sont très proches, elle saura qu'elles contiennent deux aliments différents. Ce sont environ 7 % des cellules de l'hippocampe qui sont activées dans ce cas. Grâce à ce fonctionnement, le cerveau de la Mésange noire peut stocker un nombre incroyable de souvenirs sans qu'elle se trompe.
Cette étude a permis de découvrir une activité cérébrale tout à fait stupéfiante pour un oiseau. Le cerveau de la Mésange noire est à la fois très rapide et capable de stocker un grand nombre d'informations. Sa mémoire est donc fantastique, d'autant qu'elle ne demande pas au cerveau une activité trop intense.
Mais alors, comment se fait-il que la Mésange à tête noire ait développé une mémoire aussi performante ? Eh bien, contrairement à d'autres espèces migratoires, ces oiseaux passent l'hiver au même endroit. Comme la nourriture se fait rare dans des hivers froids, les Mésanges choisissent de stocker de quoi survivre durant l'été et l'automne. Leur survie dépend de leur capacité à retrouver toutes ces petites cachettes, qui souvent sont pourtant recouvertes de neige.
Les scientifiques ne comprennent pas absolument tout du fonctionnement de la mémoire des Mésanges à tête noire. Ce qui est certain, c'est que leur cerveau n'est pas tout à fait similaire à celui des mammifères. Les neurosciences s'inspireront peut-être de ces découvertes dans le futur.
Ce qui rend la Mésange à tête noire unique, c'est sa capacité de neurogenèse. En automne, elle remplace environ 2 % de ses neurones cérébraux par jour. C'est un peu comme si elle remplaçait sa vieille carte SD par une neuve avec une plus grande capacité pour survivre à l'hiver.
En fin d’hiver, l’hippocampe de la Mésange rétrécit physiquement. Les neurones qui stockaient l’emplacement de milliers de cachettes subissent ce qu’on appelle l’apoptose, une mort cellulaire programmée. Il ne s’agit pas d’une "maladie", mais bien d’une stratégie d’économie d’énergie (maintenir un cerveau sur-développé coûte énormément en calories). En quelque sorte, l’oiseau "efface son disque dur" pour s’alléger. En supprimant ces schémas devenus inutiles, la Mésange libère de l’espace neuronal.
Quand l’automne suivant pointera le bout de son nez, une nouvelle vague de neurogenèse produira des neurones tout neufs, prêts à enregistrer les emplacements des futures cachettes de la saison. C’est donc un cycle perpétuel : création, stockage, puis effacement. Une véritable leçon d’optimisation, livrée par la nature !
Toutes les mésanges ont cette capacité de base, mais elle est poussée à son paroxysme chez les espèces vivant dans des conditions extrêmes comme la Mésange à tête noire.
En résumé, si la Mésange bleue de votre jardin est très intelligente pour résoudre des problèmes (ouvrir une boîte, par exemple), elle perdrait probablement au concours de "cache-cache" contre une Mésange à tête noire !
Il est facile de se tromper, car nous avons en France des espèces qui lui ressemblent beaucoup.
La Mésange noire (Periparus ater)
C'est la plus commune dans les forêts de conifères. Elle a bien une "tête noire", mais son signe distinctif est une tache blanche très nette sur la nuque (derrière la tête). Elle est plus petite que les autres. Comme sa cousine américaine, elle cache beaucoup de graines et possède une excellente mémoire spatiale.
La Mésange nonnette (Poecile palustris)
Elle ressemble énormément à la mésange à tête noire américaine. Elle a une calotte noire brillante, un petit bavoir noir sous le bec, et pas de blanc sur la nuque. Elle préfère les forêts de feuillus et les vergers en basse altitude.
La Mésange boréale (Poecile montanus)
C'est la "jumelle" de la nonnette, mais elle vit plus en altitude. Sa calotte noire est mate (pas brillante) et son bavoir noir est un peu plus évasée sur la partie basse. C'est elle qui se rapproche le plus de la mésange à tête noire américaine par son comportement de stockage extrême.
En Europe, on utilise souvent le terme "mésanges grises" pour regrouper la Nonnette et la Boréale, car elles sont presque impossibles à distinguer sans l'habitude (ou sans les entendre chanter).