Cimetière des navires de Landévennec

par Pascale MD  -  20 Septembre 2014, 16:54  -  #Balades

Cimetière des navires de Landévennec

Le cimetière des navires de Landévennec est un méandre de l'Aulne, situé à proximité de Landévennec, où sont stockés certains navires, en particulier de la Marine nationale française, en attente de démantèlement.

Cimetière des navires de Landévennec

L'Aulne forme, peu avant d'entrer dans la rade de Brest, un majestueux méandre, s'enroulant autour de l'Île de Térénez puis de la pointe de Pen Forn, qui accueille l'abbaye Saint-Guénolé. Les fonds y sont de plus de 10 mètres quelle que soit la marée. Les hauteurs environnantes abritent le site de quasiment tous les vents : le site est idéal pour la Marine. Seul le banc du Capelan, situé au sud de Logonna-Daoulas, dont les fonds remontant à moins de 5 mètres, passage obligé, empêche certaines très grosses unités d'accéder à cet endroit.

Cimetière des navires de Landévennec   Cimetière des navires de Landévennec

La Gallissionnière ICI 

Cimetière des navires de Landévennec

Vers 1840 est créée la Station Navale, visitée par Napoléon III et l'Impératrice Eugénie lors de leur voyage d'août 1858 en Bretagne. Cette station accueille les bateaux en réserve, dont les équipages (près de 200 marins) animent la vie du bourg de Landévennec.

Cimetière des navires de Landévennec   Cimetière des navires de Landévennec

 

Cimetière des navires de Landévennec
Pendant la Seconde Guerre mondiale, l'armée allemande utilise les lieux et aménage certains navires. L'un d'eux, l'Armorique, vaisseau-école des Mousses, est sabordé en août 1944.

Cimetière des navires de Landévennec

 

Cimetière des navires de Landévennec
De réserve de navires en bon état, le site devient cimetière des navires désarmés de la Marine nationale. Comme leurs confrères qui servaient de brise-lames devant le château de Brest ou servent encore devant l'école navale de Lanvéoc-Poulmic, ils attendent ici le chantier de démolition, à l'origine ils attendaient l'« océanisation » en haute mer, afin d'être utilisés pour des exercices de tirs de la Marine nationale, mais ceci n'est désormais plus autorisé.

Cimetière des navires de Landévennec
Le porte-avions Clemenceau n’a pas eu l’honneur de rejoindre Landévennec, malgré les souhaits de son maire. Le passage du banc du Capelan semble avoir découragé les pilotes.

Cimetière des navires de Landévennec   Cimetière des navires de Landévennec

En revanche, après avoir été quasiment vidé de tous ses occupants, le cimetière accueille deux des trois anciens brise-lames qui abritaient le futur « port du Château » de Brest, l'Enseigne de Vaisseau Henry et le Détroyat, arrivé début 2006, le cimetière accueille à nouveau en août 2006 deux brise-lames qui abritaient l'école naval de Lanvéoc-Poulmic, les escorteurs d'escadre Duperré et la Galissonnière. Le croiseur Colbert est embossé entre ces deux navires, il est arrivé en provenance de Bordeaux en juin 2007.

En avril 2010 l'Ernest Brown, un ancien remorqueur quitte les lieux, pour être démolit à Brest après plus de dix ans de mouillage. En octobre 2010, le Kometa, hydroptère de construction soviétique, le Jaguar et le Kevrenn trois navires des Vedettes Armoricaines qui assurait la desserte d’Ouessant en saison et de Jersey quittent les lieux pour être démolis à Brest par Guyot Environnement, ils occupaient les méandres depuis plus de dix ans.

Cimetière des navires de Landévennec

Le Tourville rejoint le cimetière le 10 décembre 2012, il est désormais embossé, en amont du groupe de navires constitué notamment par la Galissonnière, le Colbert, le Duperré, l'Enseigne de vaisseau Henry et le Détroyat. En mai 2013, l'ex-barge Rascasse de la Direction générale de l'Armement, est remorquée jusqu'au Havre pour être démantelée par la société Gardet et de Bezenac, à la suite du plan de démolition de petites unités lancé par la Marine Nationale. Le 25 septembre 2013, le De Grasse rejoint le cimetière, il est désormais embossé avec le Tourville à son bâbord. Cela porte à treize le nombre de navires en attente de démolition.


Juin 2006 : à l'arrière-plan, La Galissionnière à gauche et l'EV Henry à droite ; au premier plan, le Kometa, ancien hydroptère et la barge Rascasse. 

2010 : le Colbert sur un coffre. Les escorteurs d'escadre La Galissionnière (à tribord) et le Duperré (à bâbord).

Cimetière des navires de Landévennec
Durant l'été 2014, quatre navires, La Galissonnière, le Duperré, l'Enseigne de Vaisseau Henry et le Détroyat devraient quitter les lieux pour le chantier de Gand, en Belgique, afin d'y être démantelés par le groupe franco-belge Galloo. Après ces départs, trois des quatre brises lames de Lanvéoc-Poulmic, le Duguay-Trouin, le Rhin et l'Aconit rejoindront l'anse de Penforn en août 2014, le Jean Moulin rejoindra lui le chantier de Gand pour y être également démoli. Le Tourville et le De Grasse présents dans le cimetière doivent les remplacer à Lanvéoc, ils seront accompagnés du Georges Leygues désarmé en 2013 et actuellement à Brest.

Le 12 juin 2014, la marine annonce que le Colbert quittera les méandres de l'Aulne pour retrouver la Gironde, en effet il serra démantelé à Bassens, part les sociétés Bartin Recycling et Petrofer Société Nouvelle. Néanmoins il devrait rejoindre auparavant Brest pour être dépollué et préparé avant son remorquage.


2013 : la coque du Duguay-Trouin actuellement utilisée comme digue de l'École navale à Lanvéoc-Poulmic.

La Jeanne d'Arc ne se trouve pas à Landévennec, elle est toujours amarrée à Brest le long de la digue de la rade abri, côté port militaire. Elle est visible depuis la route de la corniche qui longe le port militaire. Elle disparaitra elle aussi du paysage pour rejoindre Bassens à la fin de l'année 2014 et subir le même sort que le Colbert par le même groupement d'entreprises.

Cimetière des navires de Landévennec

 

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
É
Pauvres navires qui finissent ainsi leur vie. Je connais le Colbert photographié à Bordeaux. Bonne journée et bisous
Répondre
P
Et là c'est d'autant plus impressionnant que ce sont des navires de guerre et certains avaient encore les porte missiles.<br /> Bisous et bonne journée Brigitte.
D
Ils ont certes une âme, une mémoire, mais j'espère qu'ils seront démantelés rapidement, du moins avant de commencer une pollution. Bonne soirée Pascale.
Répondre
B
bonjour je vous demandes de bien vouloir m;excuser ,car j;aimerai connaitre les démarches a suivre ;afin de pouvoir acheter une vedette militaire désarmé et ou s;adressé (ou un numéro de téléphone ) merci de votre compréhension cordialement  Alain<br />  
Répondre
P
Bravo , superbes photos , et de l'émotion , car en 1969 /1970 j'étais sur le Duperré.<br /> Que de bons souvenirs !<br /> Merci pour ce trés beau reportage
Répondre
G
Eh oui, on utilise, on jette... Recyclez braves gens, soyez citoyens....faites ce que je vous dis, ne faites pas ce que je fais....le monde de la technique évolue rapidement, celui des mentalités.....<br /> Merci pour ce reportage bien documenté sur ce cimetière....enfin, plutôt ce pourrissoir de la marine nationale (la taxe d’écoparticipation n'est pas prévue pour les navires....pour votre machine à laver, téléphone et autres ustensiles, oui...).<br />   Bonne journée Pascale.<br />  
Répondre
V
Bonjour Pascale,<br />  Voici  un endroit que  j'ai  vu cet été mais depuis  la route des deux côtés de l'Aulne. Avec toi, la vision est toute autre évidemment et l'on se rend mieux compte de l'état de  délabrement de ces navires.<br /> Je t'embrasse
Répondre
V
Merci pour tous ces détails d'un monde qui m'est totalement inconnu.
Répondre
P
Bonjour Pascale. Quel régal tes photos du Finistère ! Sais-tu que j'ai passé les 30 premières années de ma vie dans le 29 ?! Alors le cimetière des navires gris, je le connais bien... mais je ne l'ai jamais vu d'aussi près ! Comment as-tu réussi à approcher les navire d'aussi près ??? Aconit, Duguay Trouin... de vaillants navire de guerre qui, il y a quelques années fendaient fièrement la houle. A l'époque, ils faisaient partie du patrimoine navale de Brest. J'ai moi-même porté l'uniforme et le pompon rouge ;-)
Répondre
M
Ce furent certainement de beaux bâtiments, quand on voit les restes. Mais il ne faut pas qu'ils restent là longtemps, non plus, pour dénaturer ce bel endroit. Bon reportage
Répondre
P
"Que voulez-vous qu'ils deviennent<br /> Les bateaux quand ils sont vieux?<br /> Tant d'amarres les retiennent<br /> On ne peut plus rien pour eux.<br /> Ils ont chassé la baleine<br /> Le thon et le cachalot<br /> Tant de jours tant de semaines<br /> Maintenant ils sont à flots..."<br />  
Répondre
T
Salut Pascale,<br /> Un super reportage, sur un thème peu habituel ici.
Répondre
P
Belles photos de cet endroit que j'aime bien....mais qui dégage une certaine nostalgie en voyant ces carcasses de bateaux en train de rouiller...<br /> bonne soirée
Répondre
C
ton reportage est magnifique et pointu mais ces amats de ferrailles me désolent  et tu n'y es pour rien..<br /> bonne soirée  à bientot<br /> coup de coeur aux fous de bassan  bien sur 
Répondre
C
Coucou Pascale,<br /> Je crois que nous n'en avons pas terminé de ces "collections" d'horreurs sur terre comme sur mer. Il n'est que de voir toutes ces usines, toutes ces mines, abandonnées et bien souvent dangereuses.<br /> Et on reproduit les mêmes erreurs à côté de ces ruines !<br /> Gros bisous
Répondre
E
Holala... quand je pense qu'il y a ici des tonnes et des tonnes de ferrailles, et autres matériaux qui s'âbiment au fil des ans, et qui polluent en quelque sorte, dans cette nature qui est si belle  !Que va-t-on faire de tout ça  ?<br /> Merci du partage.   Bisous 
Répondre
F
ils furent des géants des mers....moi ça me fiche le bourdon de les voir ainsi livrés à l'assaut de la rouille et des embruns !...<br /> Merci pour ce reportage très élaboré dans lequel j'ai appris plein de choses.<br /> Bisou et belle soirée Pascale 
Répondre
P
Bonjour, <br /> Grandeur et décadence , cela a quelque chose d'émouvant !<br /> Bravo pour ta documentation sur ce sujet et merci pur le partage !<br /> Bonne journée à toi !
Répondre
L
Bonjour Pascale,<br /> il y a des chômeurs et du travail, même si ça a un coût financier ils doivent être démantelés sans oublier la pollution du lieu, donc le plus vite sera le mieux !<br /> Le Colbert est rester de nombreuses années sur les bords des quais de Bordeaux, à la fin on voyait bien que ce n' était plus qu' une ruine, les autres ne doivent pas être en meilleur état .<br />  
Répondre
N
Voilà une belle page d'histoire(s) ! Tu as eu la chance en plus de faire une approche en bateau... çà devait avoir un côté émouvant...J'avais vu ce cimetière il y a qq années ms depuis la route et j'avais déjà été  touchée par ces bateaux qui n'attendent plus que leur "démembrement"...Ton reportage rend là un bel hommage à ces bateaux en fin de vie.Belle journée Pascale et gros bisous !
Répondre
Z
Très instructif ton reportage
Répondre