Bourdon des champs
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Bombus pascuorum
(Scopoli, 1763)
Espèce d'insectes hyménoptères de la famille des Apidae
Genre Bombus
Sous-genre Thoracobombus.
Photos Juillet
Ouvrir le lien pour écouter le son du Bourdon (Sonothèque du Muséum National d'Histoire naturelle)
Juillet 2025
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Le bourdon n’est pas le mâle de l’abeille ! Notre petit pollinisateur tout rond est une espèce à part entière, qui compte parmi de nombreuses autres espèces. Le plus commun chez nous est très certainement le bourdon des champs, aussi appelé "bourdon roux" en raison de sa couleur.
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Comme tous les pollinisateurs, le Bourdon des champs est un amateur de pollen et de nectar. Il n’est pas difficile et trouvera son bonheur auprès de nombreux arbres fruitiers et plantes à fleurs tels que les pommiers, prunelliers, cerisiers, giroflées, bourraches, pissenlits et lavandes figurent à son menu. Sa longue langue lui permet d’accéder facilement aux étamines de pratiquement n’importe quelle fleur. D’après différentes observations, plusieurs centaines de plantes de nos régions satisfont à ses besoins.
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La reine utilise fréquemment un ancien nid de souris ou encore celui d'autres animaux nichant au sol recouvert de mousse, de feuilles et de racines et y ajoute une couche de cire. Il peut également lui arriver d’élire domicile dans d’anciens nids d’oiseaux. Il n’est pas rare de voir le bourdon des champs cohabiter avec un hôte, le Psithyre des champs (Bombus campestris). Le Bourdon des champs peut se contenter d’une grande variété de fleurs, et s’adapte aussi à de nombreux habitats, ce qui explique qu’on le trouve depuis l’Espagne jusqu’au cercle arctique.
Les Bourdons des champs forment des colonies qui ne subsistent pas plus d’un an ; l’année suivante, ce sont les jeunes princesses qui prennent le relai et fondent la colonie suivante. Elles peuvent aussi bien utiliser un tas de compost, des herbes sèches, des anciens nids d’oiseaux ou même des fissures dans les bâtiments.
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Les colonies sont à la base établies par une reine seule. Pendant l’hiver, elle s’est caché dans un abri appelé "hibernaculum ". Une fois le mois de mars arrivé, elle fonde un nid et y crée des cellules pour conserver le pollen qui servira de nourriture à ses larves. Elle y pond ensuite ses œufs. Quand les larves nées, 3 à 5 jours plus tard, leur mère les nourrit de pollen et de nectar qu’elle régurgite. On appelle cette technique la trophallaxie : la nourriture est conservée dans un second estomac, le jabot social, qui est extensible et permet de pré-digérer la nourriture destinée à d’autres insectes de la même colonie. Les abeilles et les fourmis partagent ce même mode d’alimentation. Les larves vont ensuite se métamorphoser pour prendre leur forme adulte deux semaines plus tard.
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Les premiers spécimens à naître sont les ouvrières. Elles vont ensuite aider la reine à nourrir le reste de la colonie en transportant le pollen sur leurs pattes. Les reproducteurs, quant à eux, ne naîtront que lorsque la colonie sera bien installée, en juillet-août. A la fin de la saison, la colonie compte plus d’une centaine d’individus. Les bourdons continuent à engranger du pollen jusqu’en automne. C’est à ce moment que les mâles et les futures reines vont s’accoupler, puis les bourdons des champs finissent par mourir, y compris la reine. Seules les jeunes femelles fécondées vont survivre et s’envoler au printemps pour former une nouvelle colonie.
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A l'instar des autres insectes, le Bourdon des champs connaît des temps difficiles, cependant il s’agit de l’une des espèces qui ont su le mieux s’adapter. Même alors qu'en certains endroits toutes les autres espèces de bourdons on disparu, le Bourdon des champs est en capacité de survivre, même en milieu urbain. Cependant, les néonicotinoïdes et autres pesticides ne sont pas les seuls facteurs à mettre en cause dans le déclin général des bourdons : ces insectes supportent mal le réchauffement climatique. Au cours du siècle dernier, 17 % de la population totale de bourdons a disparu en Europe, et en particulier dans les zones devenues plus chaudes et plus sèches.
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Peu agressif, il ne s’attaque pas à l’Homme, même s’il possède un dard comme la plupart des abeilles. Sous nos latitudes, c’est l’une des espèces qui féconde le plus de plantes et de cultures. Ses longs poils drus accrochent aisément le pollen, qui voyage donc jusqu’à la fleur suivante et la féconde. Le bourdon des champs est donc indispensable à la survie de tout l’écosystème.
N'en ayez pas peur et ne le tuez pas !