Aigrette garzette
Egretta garzetta - Little Egret
Linnaeus, 1766
Ordre : Pélécaniformes
Famille : Ardéidés
Genre : Egretta
Espèce : garzetta
Taille : 65 cm
Envergure : 86 à 104 cm
Poids : 500 à 638 g
Longévité : 9 ans
Photos juin.
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Pendant qu'un des deux parent s'en va au ravitaillement, l'autre se repose des assauts permanents des jeunes Aigrettes un peu à l'écart du nid...
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Pendant ce temps, les trois jeunes de l'année s'impatientent !
Si deux d'entre eux attendent paisiblement, le troisième se montre particulièrement virulent, il n'a pas du recevoir sa ration au dernier ravitaillement 🙄
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Suivant les conditions locales, l'Aigrette garzette peut nicher à même le sol dans des endroits très protégés, mais plus régulièrement en roselière, en saulaie inondée, dans les Tamaris comme c'est le cas ici, en zones broussailleuses humides ou boisements humides, ou encore, comme c'est le cas dans la vallée non loin de chez moi, dans de grands Cèdres. L'eau est toujours à proximité.
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Sa nidification est coloniale et elle peut partager le site de nidification avec d'autres espèces d'oiseaux d'eau (ardéidés surtout, mais également cormorans, ibis, spatules et autres, jusqu'à 17 espèces différentes dans une étude indienne).
Le nid est une plate-forme, faite de rameaux ligneux assez fins, d'une largeur de 30-35 cm pour une hauteur de 10-15 cm.
Il est construit par le couple sur les lieux de la parade nuptiale, à une hauteur qui peut atteindre 20 m. La fragilité de l'édifice fait que le nid est rarement réoccupé l'année suivante.
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La parade nuptiale met en exergue les plumes ornementales (première photo). Le mâle est le plus actif dans les opérations de séduction, mais également pour écarter les voisins importuns.
Une fois le nid terminé, la femelle y dépose 3 à 5 œufs bleu verdâtre clair, à intervalle de un à deux jours. L'incubation commence avec le 2e ou le 3e œuf pondu et dure 21 à 25 jours. L'espèce ne fait qu'une nichée par an.
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La ponte commence dès mars/avril (parfois février si l'hiver est très doux, il nous est souvent arrivé de le constater en Camargue) et peut s'étaler jusqu'à juillet pour les couples les plus tardifs.
L'incubation est partagé par les deux parents.
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Les poussins naissent les uns à la suite des autres, et non simultanément. Ils sont couverts de duvet blanc, avec le bec et les pattes roses mais devenant très vite bleu grisâtre.
Ils sont nourris par les deux parents avec de la nourriture régurgitée directement dans la cavité buccale.
A une vingtaine de jours, les jeunes sortent du nid (devenu trop petit) et s'aventurent sur les branches avant de savoir voler.
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Aux alentours de 5 semaines ils effectuent leur premier vols, encouragés et accompagnés par leurs parents.
Ils commencent alors à descendre à terre pour se nourrir. Ces jeunes Aigrettes garzettes sont encore très maladroites et peuvent avoir du mal à s'envoler pour se remettre à l'abri en hauteur. Elles sont donc particulièrement vulnérables aux prédateurs terrestres comme les Chiens errants.
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Une fois la maîtrise de leurs ailes acquise, elles rejoignent les adultes sur les zones de pêches.
Les déplacements de longue distance, entre la colonie et les zones de pêche éloignées ou migratoires, se font en petits groupes relativement inorganisés.
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Autrefois considérée comme nuisible, la régression drastique des effectifs et des sites de reproduction de l'Aigrette garzette ont conduit, au début des années 80, a son classement comme espèce protégée en France. Depuis, les effectifs et le nombre de colonies ont fortement progressé.
Actuellement, l'Aigrette garzette n'est plus menacée en France. Toutefois, la disparition des milieux humides, due au drainage ou à la mise en culture, a un impact négatif sur les populations d'Aigrettes garzettes. De plus, la survie des Aigrettes qui hivernent en France, reste très dépendante des aléas climatiques.
La conservation de l'Aigrette garzette passe par la conservation des zones humides, la surveillance et le maintien de la qualité et des niveaux d'eau sur les zones de gagnages, la protection des colonies, notamment contre des coupes forestières trop importantes et contre le dérangement en période de reproduction.
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Une espèce qui a été massacrée pour ses plumes ! La beauté des longues plumes fines qui ornent le plumage nuptial de certaines espèces d’aigrettes ont bien failli causer leur perte. En effet, à la fin du 19° siècle et au début du 20°, les plumes de certains oiseaux étaient tellement recherchées pour orner les chapeaux des dames que, rien qu’à Paris, cette activité employait 10.000 personnes ! Il fallait 300 Grandes Aigrettes et 1.000 Aigrettes garzettes pour obtenir 1 kilo de ces belles plumes et des dizaines de millions d’oiseaux ont été massacrés en Amérique et en Europe, en période nuptiale. Bien entendu, cela a en plus entrainé la perte des œufs et des poussins au point que ce sont ces massacres qui ont été à l’origine de la création des sociétés de protection des oiseaux aux États-Unis et en Grande-Bretagne. Au Pakistan, des élevages ont été créés et les plumes se vendaient jusqu’à 28 fois leur poids en argent ! L’Aigrette garzette a disparu de France et ne s’y est réinstallée, en Camargue, qu’après l’interdiction de ce commerce, en 1920. Il a fallu attendre 1980 pour qu’elle colonise d’autres régions et un 1er couple a niché en Champagne en 1999. Les principales menaces qui pèsent aujourd’hui sur cette espèce sont la destruction de son habitat et les accidents climatiques tels que l’hiver de 1985-86 auquel seuls 8% des hivernants français ont survécu. |