Pottoks
Pyrénées Atlantiques (64)
Je n'avais pas vu ces trois Pottoks en avançant sur le plateau en haut de la montagne. Ils étaient bien cachés sur une
plateforme pouvant tout juste les contenir tous les trois et au dessous... le vide.
Eux non plus ne m'ont pas entendue arriver, et à mon apparition silencieuse, cela a été un petit moment de panique.
Panique autant pour eux que pour moi, car j'ai vraiment craint que dans leur peur, ils ne fassent un écart et ne se fracassent
quelques centaines de mètres plus bas.
Je suis parvenue à les calmer en leur parlant et en m'éloignant à reculons...
Puis j'ai prévenu mes compagnons de rando de la situation périlleuse pour eux.
Heureusement, rassurés, ils sont sortis de leur cachette et sont allés brouter plus loin sur le plateau en toute sécurité.
"La Maison du Pottok " contribue à étudier, sélectionner, conserver, protéger, promouvoir et réintroduire dans son milieu naturel, un type ancien de poney primitif sauvages à la robe brune ou noire, observé majoritairement autrefois sur les landes et montagnes sauvages du Pays Basque et menacé de disparition.
Sur ses montagnes et landes sauvages survit encore en totale liberté ce petit cheval appelé « pottok » (prononcer pottiok) ressemblant aux Tarpans préhistoriques des peintures rupestres du magdalénien.
Fin, anguleux, de robe brune ou noire et de petite taille - moins de un mètre trente au garrot - en raison de la pauvreté de son alimentation et de l'acidité du sol, ce type ancien était en voie de disparition à cause de très nombreux croisements, pratiqués notamment avec des chevaux de trait.
Il y a 10.000 ans, le sud-ouest de l'Europe sortait de la dernière glaciation. Du froid intense, le climat devient humide et pluvieux. La forêt de feuillus remplace la steppe.
Les hommes du Magdalénien, nos ancêtres sortent des grottes pour fonder les bases de la société néolithique laissant derrière eux de magnifique témoignages de la préhistoire.
A lascaux, Combarelles ou Isturitz, des chevaux sont peints avec une précision remarquable, leur robe et leur morphologie sont similaires à celles du Pottok décrit et photographié depuis le début du 20° siècle.
Adaptés à ces nouvelles conditions de vie, ces chevaux sauvages ont été progressivement repoussés par l'homme qui colonise et défriche les bonnes terres des vallées sur les landes et montagnes les plus pauvres des Pyrénées occidentales.
Des chevaux identiques au Pottok existent encore aujourd'hui dans les Asturies ou en Galice où les hommes de ces régions leur ont donné une appellation spécifique. Souvent gris à la naissance comme les anciens Tarpans de la préhistoire, ces chevaux deviennent généralement noirs ou bruns en grandissant pour se camoufler dans les landes et forêts où les prédateurs abondaient : Ours et Loups principalement.






