Grosbec casse-noyaux
Coccothraustes coccothraustes - Hawfinch
Ordre : Passériformes
Famille : Fringillidés
Genre : Coccothraustes
Espèce : coccothraustes
Descripteur Linnaeus, 1758
Biométrie Taille : 18 cm
Envergure : 29 à 33 cm
Poids : 48 à 62 g
Longévité : 10 ans
Chant sur la fiche info d'oiseaux.net en bas de page.
Le Grosbec casse-noyaux porte bien son nom. C'est un véritable colosse de la mécanique biologique, caché sous une apparence plutôt élégante et discrète.
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Le Grosbec possède une force de "morsure" disproportionnée par rapport à sa taille. Il peut exercer une pression de plus de 45 à 50 kg. C’est son "super-pouvoir" ! Pour un oiseau qui pèse environ 50 à 60 grammes, c'est comme si un humain pouvait broyer des pierres de la taille d'une brique avec ses mâchoires. Cette force lui permet d'ouvrir des noyaux de cerises, de prunes ou d'olives, que la quasi-totalité des autres oiseaux ignorent car ils sont trop durs à briser.
Pour ne pas se briser le crâne en exerçant une telle force, son anatomie est ultra-spécialisée : Les muscles de sa mâchoire sont si développés qu'ils modifient la forme de son crâne, lui donnant cet aspect de "nuque épaisse". L'intérieur de son bec est doté de crêtes rigides et de rainures spéciales qui maintiennent le noyau parfaitement en place. Sans cela, le noyau glisserait comme un savon sous la pression.
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Alors que beaucoup d'oiseaux mangent la chair des fruits et recrachent le noyau, le Grosbec fait l'inverse. Il ignore souvent la pulpe pour atteindre l'amande située à l'intérieur du noyau, riche en graisses et en protéines. Il est capable de décortiquer un noyau de cerise en quelques secondes seulement, avec une précision chirurgicale.
Le cyanure contenu dans les noyaux n'est pas toxique pour le Grosbec car cet oiseau a développé des mécanismes spécifiques pour gérer ce risque. Si le Grosbec est immunisé, ce n'est pas notre cas ! Chez l'humain et les animaux domestiques (chiens, chats), l'ingestion accidentelle d'amandes de noyaux de fruits à noyau peut provoquer une intoxication grave.
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Malgré son physique massif et ses couleurs magnifiques, il est très difficile à observer car il vit presque exclusivement à la cime des grands arbres (la canopée). Il est de plus très méfiant et s'envole au moindre signe de danger. C'est un oiseau que l'on entend souvent bien avant de le voir.
Ce son est si percutant qu'il "claque" dans le silence de la forêt. Comme l'oiseau reste souvent caché dans la cime des arbres (la canopée), c'est souvent ce cri unique qui permet de savoir qu'il est là. Ce type de son court et aigu est idéal pour que les membres d'un couple ou d'un petit groupe puissent se localiser mutuellement dans le feuillage dense sans attirer l'attention des prédateurs avec une longue mélodie. Fidèle à sa nature pragmatique, le Grosbec ne gaspille pas d'énergie en fioritures vocales, son cri est efficace, minimaliste et fonctionnel.
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Pour apercevoir ce "fantôme des cimes", il faut savoir que la chance aide, mais que la stratégie fait tout. Voici comment maximiser vos chances de croiser le Grosbec casse-noyaux de décembre à mars alors que Les arbres n'ont plus de feuilles.
Comme le Grosbec vit dans la canopée, c'est la seule période où vous pouvez le voir à travers les branches. C'est un oiseau actif dès l'aube. En hiver, ils se regroupent parfois en petites troupes pour chercher de la nourriture au sol, ce qu'ils ne font presque jamais le reste de l'année.
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Le Grosbec ne s'installe pas n'importe où. Il lui faut des arbres à "gros fruits à coque" : Recherchez les zones riches en charmes (il adore leurs graines, les samares), en hêtres (faînes) et en chênes. Les anciens cerisiers abandonnés sont des aimants à Grosbecs. Cherchez au pied des arbres : si vous voyez des noyaux de cerises fendus net en deux, il est passé par là. Dans les parcs, s'ils possèdent de vieux et grands arbres, ces lieux calmes sont aussi d'excellents refuges.
Si vous avez un jardin (ou même un grand balcon) près d'une zone boisée, vous pouvez le faire descendre de sa cime comme c'est le cas chez moi (Nous avons vu jusqu'à 8 Grosbecs ensemble). Pour son menu, il raffole des grosses graines de tournesol. Quand il arrive à une mangeoire, les mésanges et les pinsons lui laissent généralement la place, impressionnés par son bec massif, cependant, il n’est nullement agressif et ne cherche pas à chasser un passereau qui voudrait malgré tout partager la mangeoire avec lui.
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Le Grosbec est un expert en optimisation calorique. Il évalue rapidement si l'effort nécessaire pour briser une coque très dure sera compensé par l'apport nutritif de l'amande à l'intérieur. S'il juge que le noyau est trop résistant ou "vide", il l'abandonne instantanément pour ne pas gaspiller d'énergie.
Comme il est difficile à voir, il faut essayer de l'entendre. Son cri est un "tsitt" ou un "ptick" très sec, métallique, qui rappelle le bruit de deux cailloux que l'on entrechoque. Dès que vous entendez ce son bref en haut d'un arbre, sortez les jumelles !
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Les plumes de ses ailes ont une forme de "hachette" ou d'ornements incurvés au bout, une caractéristique unique qui n'existe chez quasiment aucun autre passereau européen.
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