La noblesse du Cerf.
Cerf élaphe, Cervus elaphus hippelaphus
Ordre : Cetartiodactyla Montgelard (Catzeflis & Douzery, 1997)
Sous-Ordre : Ruminantia (Scopoli, 1777)
Famille : Cervidae (Goldfuss, 1820)
Genre : Cervus (Linnaeus, 1758)
Espèce : Cervus elaphus (Linnaeus, 1758)
Sous-Espèce : Cervus elaphus corsicanus (Erxleben, 1777)
Sous-Espèce : Cervus elaphus elaphus (Linnaeus, 1758)
Septembre
La durée de vie maximum du Cerf est de 25 ans (peu dépassent 13 à 15 ans).
Son du Brame du Cerf : ICI
Ici, ce n'est pas moi qui suis à l'approche mais lui. Je me contente d'admirer ce splendide animal sous mon camouflage.
Le Cerf élaphe, est le plus grand mammifère sauvage de France. Son brame résonne dans les forêts en automne. Trop chassé dans le passé, il a été réintroduit, avec succès, dans plusieurs massifs forestiers d’où il avait disparu.
/image%2F0649317%2F20250227%2Fob_c4c70c_pmd-4670.jpg)
Le Cerf élaphe est présent dans toute l'Europe. On l'appelle aussi Cerf d'Europe, ou Cerf noble.
Il vit dans les grands massifs forestiers de conifères ou de feuillus.
Le Cerf est diurne et nocturne mais actif surtout au crépuscule et à l'aube, souvent à cause de l'homme.
Le mâle pèse de 170 à 250 kg et la femelle, de 90 à 130 kg. La hauteur au garrot est de 1,20 à 1,50 m.
/image%2F0649317%2F20250227%2Fob_52a18d_pmd-4685.jpg)
Les hardes comptent jusqu’à 40 biches accompagnées des petits de l’année et de l’année précédente ; les jeunes mâles forment des groupes séparés tandis que les plus âgés restent à l’écart.
L’alimentation varie selon les saisons et les disponibilités : bourgeons et jeunes pousses au printemps, graminées, ronces et plantes herbacées en été et en automne, feuilles mortes, écorces et fougères en hiver.
/image%2F0649317%2F20250227%2Fob_488c61_pmd-4693.jpg)
À la fin de l’été, les cerfs entrent en période de rut. Parés de leurs bois, armes redoutables dans les combats entre rivaux, ils poussent leur cri rauque, le brame, qui résonne à des kilomètres et marque le territoire.
Durant cette période, ils peuvent perdre jusqu’à 20 % de leur poids ! Après d'inévitables affrontements, le vainqueur va constituer son harem, composé de 10 à 40 biches. La période de reproduction terminée, les mâles vont perdre leurs bois et reprendre leur vie solitaire.
/image%2F0649317%2F20250227%2Fob_6f0808_pmd-4725.jpg)
Le faon a une livrée rousse tachetée de blanc qu’il garde durant deux mois.
Chez les adultes, le pelage varie selon les saisons : brun-roux en été et gris-brun en hiver.
Les mâles sont généralement plus foncés que les femelles.
/image%2F0649317%2F20250227%2Fob_d89e5c_pmd-4737.jpg)
Les bois apparaissent à l’âge de 9 mois. D’année en année, à chaque repousse leur taille augmente mais le nombre d’andouillers qui les composent n’indique en rien l’âge de l’animal contrairement à ce que l'on peut souvent lire.
/image%2F0649317%2F20250227%2Fob_65a65d_pmd-4742.jpg)
Les mâles sont appelés hère, entre 6 et 12 mois, puis daguet jusqu’à 2 ans.
Les femelles sont appelées bichettes de 6 mois à 2 ans.
/image%2F0649317%2F20250227%2Fob_8e55bc_pmd-4777.jpg)
Le cerf élaphe a connu un fort déclin à la fin de la seconde guerre mondiale. De nos jours, grâce à une gestion rigoureuse, il a recolonisé de nombreuses forêts, mais la fragmentation des territoires par le développement des réseaux ferroviaire et autoroutier isole les populations, réduisant la diversité génétique.
/image%2F0649317%2F20250227%2Fob_0a8a06_pmd-4782.jpg)
Le Cerf élaphe est un animal très présent en Cévennes. Il a été observé sur 54 communes : Altier - Alzon - Arphy - Arrigas - Aumessas - Balsièges - Barre-des-Cévennes - Bassurels - Bédouès-Cocurès - Branoux les Taillades - Bréau - Mars - Cans et Cévennes - Cassagnas - Chamborigaud - Concoules - Cubières - Cubiérettes - Dourbies - Florac Trois Rivières - Fraissinet-de-Fourques - Gatuzières - Génolhac - Gorges du Tarn Causses - Hures-la-Parade - Ispagnac - La Malène - Lanuéjols - Les Bondons - Mandagout - Mas-Saint-Chély - Massegros Causses Gorges - Meyrueis - Molezon - Mont Lozère et Goulet - Pont de Montvert - Sud Mont Lozère - Ponteils-et-Brésis - Pourcharesses - Rousses - Saint-André-Capcèze - Saint-André-de-Lancize - Saint-André-de-Valborgne - Saint-Étienne-du-Valdonnez - Saint-Germain-de-Calberte - Saint-Martin-de-Lansuscle - Saint-Pierre-des-Tripiers - Saint-Privat-de-Vallongue - Saint-Sauveur-Camprieu - Sénéchas - Val-d'Aigoual - Vebron - Ventalon en Cévennes - Vialas.
Nous avons eu la chance, à plusieurs reprises, de croiser des Biches et leurs petits sur la petite route qui mène à notre hameau alors que nous étions en voiture. Il est préférable de conduire très lentement, d'une part pour la route de montagne très étroite, d'autre part pour les animaux qui y circulent fréquemment (Cerfs, Chevreuils, Blaireaux, Renards, Genettes, Martres... et le plus fréquemment les Sangliers).
Affrontements : Instinct et mortalité :
Lors de la période du rut (brame), les cerfs mâles s'affrontent pour l'accès aux biches et à la reproduction. Ces affrontements sont des démonstrations de force intenses mais leur instinct joue un rôle très important.
Les combats entre mâles sont souvent précédés par des rituels d'intimidation (brame, marche parallèle) qui permettent aux mâles d'évaluer leur puissance respective et se limitent souvent à cette évaluation. Seuls les Cerfs de force et de corpulence égales, et ayant des positions hiérarchiques très proches, vont s'engager dans un véritable combat "bois contre bois". Le plus faible abandonne le plus souvent avant un véritablement affrontement physique.
Le but principal du combat est de faire plier l'adversaire et de le faire reculer, non de le tuer. Les bois sont principalement utilisés pour se bloquer mutuellement.
Les combats entraînent parfois des blessures, qui peuvent affecter jusqu'à 6 % des mâles chaque année selon les statistiques. Bien que les Cerfs évitent instinctivement de se blesser mortellement, la mortalité n'est pas exclue et peut se produire dans de rares cas.
Un combat peut devenir mortel lorsque les Cerfs se retrouvent en mauvaise posture et que la pointe d'un andouiller d'un des adversaire perfore la cage thoracique ou l'abdomen de l'autre (souvent au niveau des côtes).
Il peut arriver également (mais c'est chose très rare) que les bois des deux mâles se retrouvent emmêlés et bloqués au point de ne plus pouvoir se dégager. Ils peuvent alors mourir d'épuisement, de faim, de soif ou être victimes de prédateurs.
En somme, l'instinct et les rituels limitent le risque de mort, mais la mortalité existe tout de même et est une réalité des affrontements pour la reproduction.
Reproduction et consanguinité :
L'organisation de la reproduction chez le Cerf soulève la question de la consanguinité.
Pendant la période du rut, le mâle dominant établit une place de brame et défend un harem de biches qu'il est le seul à féconder. Les autres mâles (plus jeunes ou moins puissants) sont tenus à l'écart par le mâle dominant. Pour un secteur donné et une harde particulière, il n'y a donc qu'un seul Cerf qui se reproduit avec les biches de cette harde, ce qui pourrait en théorie mener à une consanguinité.
Pour autant, il existe divers mécanismes contre la consanguinité :
1 - La dispersion des mâles : La principale parade naturelle est la dispersion juvénile. Contrairement aux jeunes femelles qui sont philopatriques (restent près de leur lieu de naissance), les jeunes mâles sont mobiles et quittent leur zone d'origine pour s'établir ailleurs. Ils peuvent parcourir des distances significatives (jusqu'à 60 km ou plus) avant de se fixer et d'être en âge de se reproduire (vers 5-6 ans). Ce mécanisme permet l'échange génétique entre différentes populations.
2 - Le renouvellement des dominants : Un Cerf dominant, épuisé par le rut, perd beaucoup de poids. Sa position est éphémère et sera contestée les années suivantes, ce qui permet un renouvellement régulier des reproducteurs.
3 - Le rôle de l'Homme : Lorsque les populations sont fragmentées par des infrastructures (autoroutes, clôtures) ou gérées par une chasse qui limite la dispersion, on observe un risque accru de consanguinité (constaté par des mâchoires raccourcies et une faible diversité génétique dans des zones isolées). La mise en place de corridors écologiques (ponts verts) est un moyen d'aider à maintenir les échanges génétiques.
En résumé, les populations de cerfs élaphes ne sont pas naturellement limitées à un seul mâle reproducteur sur le long terme dans un secteur étendu, grâce à la dispersion des jeunes mâles. Cependant, la fragmentation des habitats par l'activité humaine est un facteur qui peut effectivement augmenter le taux de consanguinité et entraîner des anomalies génétiques.
Pression sélective de la chasse aux trophées et conséquences délétères :
Le plus préjudiciable sur la génétique des populations de Cerfs élaphes est l'impact de la chasse sélective, et en particulier de la chasse aux trophées (animaux porteurs de grands bois très ramifiés). Cette chasse aux trophées exerce une forte pression sélective inversant celle de la sélection naturelle.
Dans la nature, les grands mâles avec les bois les plus imposants sont généralement les plus forts, les plus sains et les plus aptes à se reproduire (ils remportent les combats et s'approprient les harems).
En les éliminant de manière préférentielle, les chasseurs retirent du pool génétique les individus porteurs des meilleurs gènes pour la taille corporelle et le développement des bois.
Les mâles plus jeunes, moins impressionnants ou porteurs de gènes codant pour des bois plus petits, survivent et sont ainsi plus susceptibles de se reproduire. A long terme, ce processus, répété sur plusieurs générations, entraîne une diminution progressive de la taille de leurs bois, de la corpulence et de la vigueur générale de la population de Cerfs.
Les recherches sur d'autres ongulés (en particulier les espèces africaines très prisées pour leurs cornes) ont clairement montré ce déclin de la taille des trophées au fil du temps dans les zones de chasse intensive.
Cette chasse aux trophées engendre aussi des conséquences démographiques et sociales. En effet, les grands mâles sont généralement aussi les plus âgés. Leur prélèvement préférentiel diminue la proportion de cerfs matures dans la population. Ces vieux mâles jouent pourtant un rôle crucial : Ils assurent la dispersion des gènes en dominant la reproduction. Leur présence peut également tempérer les jeunes mâles moins expérimentés, réduisant les blessures ou l'agitation pendant le rut.
Si les vieux mâles dominants sont éliminés, la reproduction se fait alors par des mâles plus jeunes et moins expérimentés qui n'auraient pas eu leur chance en situation naturelle. Ces jeunes mâles sont souvent moins efficaces ou ne parviennent pas à maintenir la cohésion du harem, ce qui peut affecter le succès reproducteur global.