La force tranquille et sauvage des sommets Basques.

par PascaleMD  -  16 Septembre 2026, 19:00  -  #Passion Chevaux


Le Pottok (prononcé potiock) est bien plus qu’un simple poney, c’est une figure emblématique du Pays Basque, un survivant de la préhistoire qui arpente les massifs de la Rhune, d’Artzamendi ou de Baigura.

Son histoire est singulière, son rôle écologique, et il est teintée d'une touche de caractère.

 



Si vous avez déjà arpenté les sentiers escarpés du Pays Basque, entre landes de bruyère et crêtes rocheuses, vous l’avez forcément croisé. Une silhouette trapue, un œil vif caché sous un épais toupet, le Pottok fait partie du paysage au même titre que les maisons aux boiseries rouges et le piment d'Espelette. Mais ne vous fiez pas à sa taille de poney car ce petit cheval a un tempérament de montagnard et une histoire fascinante.

 


 

Un survivant de la préhistoire


Le Pottok (qui signifie "petit cheval" en Basque) n'est pas une création récente de l'élevage moderne. Il s'agit d'une race primitive, l’une des plus anciennes d’Europe. Ses ancêtres arpentaient déjà la Péninsule Ibérique et le sud de la France il y a des milliers d'années, comme en témoignent les peintures rupestres des grottes d’Isturitz et d'Oxocelhaya.


Alors que d'autres espèces se sont éteintes ou ont été profondément transformées par l'homme, le Pottok a traversé les âges en préservant son authenticité, protégé par le relief accidenté et le climat changeant de ses montagnes natales.

 


 

Contrebandier et mineur : une vie de labeur


S'il vit aujourd'hui des jours plus paisibles, le Pottok a longtemps mis sa robustesse au service des humains. Sa petite taille (généralement entre 1,15 m et 1,32 m) et sa force phénoménale par rapport à son gabarit en ont fait un travailleur recherché.


Au XIXe siècle, on l'envoyait au fond des mines de charbon Françaises, là où les grands chevaux ne pouvaient pas se faufiler. Plus localement, et de manière plus romanesque, le Pottok était le complice idéal des contrebandiers Basques. Capable de se déplacer la nuit sur des sentiers de chèvres avec de lourdes charges de marchandises (sucre, café, tabac) entre la France et l’Espagne, il connaissait la montagne par cœur.

 


 

Le gardien de la biodiversité montagnarde


Aujourd'hui, le Pottok a retrouvé son rôle le plus noble, celui d'entretenir les montagnes. Élevé en semi-liberté dans les massifs, il joue un rôle écologique majeur (qu'ils appartiennent à un troupeaux privé, ou qu'ils soient libres et sauvages, ils sont gérés par des éleveurs mais vivent dehors toute l'année).


Le Pottok est un débroussailleur hors pair. Là où les vaches et les moutons boudent les plantes ligneuses, lui consomme les ronces, les ajoncs et les fougères sèches. En entretenant ces zones d'accès difficile, il prévient les incendies en limitant la biomasse inflammable ; Maintient les milieux ouverts, permettant à la flore et à d'autres espèces animales de cohabiter ; Fertilise les sols de manière naturelle.

 


 

Une robustesse à toute épreuve


Vivre l’hiver à plus de 1 000 mètres d'altitude sous la pluie, la neige et le vent demande des adaptations uniques. Le Pottok change radicalement de costume selon les saisons. En hiver, il se pare d'un pelage d’une épaisseur impressionnante, presque imperméable, et de fanons denses sur les membres pour se protéger des blessures dues aux ajoncs coupants.
 

Côté caractère, c'est un concentré de malice et d'indépendance. Habitué à prendre ses propres décisions face au danger (comme éviter un trou ou anticiper une tempête), il se montre d'une intelligence supérieure, bien qu'un brin têtu si on essaie de lui imposer quelque chose sans diplomatie.


 


 

Un trésor à préserver


Bien qu’il soit désormais reconnu par les Haras Nationaux et apprécié dans les centres équestres pour sa polyvalence en équitation de loisir ou en attelage, le Pottok de pure race reste un patrimoine vivant fragile. Des associations d'éleveurs se battent au quotidien pour préserver le standard originel (notamment le Pottok de montagne, à la robe souvent baie, noire ou pangarée) face aux croisements.
 

Si vous le croisez au détour d’une randonnée sur les flancs de la Rhune ou ailleurs dans ces montagnes, accordez-lui un moment d’observation. Sans l’approcher de trop près (il tient à sa liberté et à son troupeau), saluez ce petit grand cheval qui, depuis l'aube des temps, veille sur l'âme du Pays basque tout en nous offrant de magnifiques moments d'observation.

 



Tôt un matin de juin dans les Montagnes de l'Artzamendi ou il suffit de se retourner pour voir le temps changer.



 

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