Visite aux Marmottes des Pyrénées.

par PascaleMD  -  6 Septembre 2026, 19:00  -  #Mammifères



Tout d'abord, j'espère que vous avez passé un très agréable été...

et que vous avez pu en profiter pleinement.

 

Face au réchauffement climatique devenu indéniable et pesant (marqué ici par des températures extrêmes et une forte sécheresse
depuis début juin), ainsi qu'aux multiples incendies qui ont de nouveau ravagé notre pays, mes pensées sont allées quotidiennement
à celles et ceux qui ont tout perdu dans les flammes, aux animaux sauvages qui ont péri et à ces massifs forestiers dévastés.
Mais mon regard s'est aussi porté bien au-delà de nos frontières : partout sur la Terre, de la fonte accélérée des glaces à la montée
des eaux, en passant par le dérèglement sauvage des saisons et à la désertification de régions entières. Les désastres environnementaux
et humains s'enchaînent... Notre planète et le vivant qui l'habite souffrent terriblement. Quelle désolation…

 

Vivant au cœur de la forêt, j'avoue être impatiente de  retrouver un peu de sérénité avec des températures plus basses 
et attendre fébrilement le retour de la pluie...

 

J'en profite pour saluer l'engagement des pompiers en général (français comme internationaux venus en renfort) et tout particulièrement
les équipes du SDIS 30. Dans notre secteur très boisé (70 % de forêt en Cévennes), ils ont dû traiter entre 10 et 30 départs de feu par
jour. Merci aussi au département du Gard précurseur en matière de détection des départs de feux avec son dispositif 
Nemosys Fire (d'Exavision) pour le saut technologique majeur et inédit qu'il a introduit depuis juillet 2025 avec des caméras thermiques
assistées par IA qui sont installées sur les points hauts stratégiques du département et balaient le paysage à 360° de jour comme
de nuit. Elles repèrent un départ de feu en moins de 3 minutes, soit 7 à 8 minutes de moins que les signalements classiques grâce à des
capteurs thermiques ultra-performants qui surveillent un rayon de 25 à 40 kilomètres. Lorsqu'une caméra détecte un point chaud, elle ne
donne pas une simple direction : elle projette instantanément le foyer sur un jumeau numérique
. Les pompiers savent immédiatement,
au mètre près, sur quelle parcelle le feu démarre, le type de végétation qui s'y trouve et le chemin précis pour y envoyer les camions.

Pour l'année 2026, les feux de forêt et de végétation dans le Gard ont fait l'objet d'une stratégie de défense agressive qui a
permis de limiter au maximum les dégâts. Grâce à la doctrine de protection des points sensibles et à l'aide de la détection
précoce, le bilan matériel est resté extrêmement faible avec 1000 hectares brulés (surtout de la végétation de type garrigue) et
très peu d’habitations touchées (deux maisons légèrement touchées, trois noircies et une détruite).

 Face à l'intensification globale des mégafeux due au dérèglement climatique mondial, plusieurs pays confrontés à des incendies
dévastateurs se penchent eux aussi très activement sur ce dispositif français : Grèce, Portugal, Canada, Australie.

 

 



Marmotte des Alpes - Marmota marmota


 

Tout va bien par ici...



Un sifflement aigu qui retentit dans la vallée, une silhouette ronde qui se dresse sur un rocher. La Marmotte est aujourd'hui indissociable du paysage pyrénéen.

Pourtant la Marmotte avait totalement disparu des Pyrénées à la fin de la dernière glaciation (il y a environ 10 000 ans). Elle a été réintroduite avec succès par l'homme à partir de 1948 (depuis les Alpes) pour réguler la biodiversité et, indirectement, pour offrir une proie alternative aux Aigles royaux afin de protéger les Isards.

 

De ce côté, rien à dire non plus...



Comme tout être vivant, ce grand rongeur est soumis aux contraintes de son environnement. La vie en colonie chez la Marmotte répond donc à une nécessité vitale, même si elle apprécie bien évidemment la vie en collectivité !

Les Marmottes vivent en clans familiaux très hiérarchisés dans des réseaux de terriers complexes (terriers d'été, terriers de secours et le fameux terrier d'hibernation, profondément creusé).

 

Une Marmotte peut en cacher une autre.



L'hibernation est son mode de survie de l'automne au printemps (6 mois de léthargie). Sa température corporelle chute de 37°C à près de 5°C, et son cœur ralentit drastiquement.

Au printemps, l'urgence est de reprendre du poids. Le régime est essentiellement végétarien. Elles se nourrissent de plantes variées : herbes, graminées, fleurs, bourgeons, racines, baies, jeunes pousses… De temps à autre, elles peuvent manger des larves ou de petits insectes.

 

Bon, il va falloir y aller tout de même, j'ai pas que ça a faire moi.



On les trouve généralement entre 1300 et 2500 mètres d'altitude, dans les éboulis et les pelouses de montagne.

Dans les Pyrénées, on peut les observer dans la vallée d'Aure et le Néouvielle, à Gavarnie et dans la vallée de Gaube (Cauterets), au Val d'Aran ou dans le massif du Canigou à l'est.

 

Que l'herbe est belle, mais ça ne va pas durer, il fait déjà très chaud.



On peut privilégier des moments spécifiques pour les observer : Tôt le matin ou en fin d'après-midi en été, lorsqu'elles sortent pour se nourrir et éviter la chaleur de la mi-journée.

 

Le matin, l'air est encore frais, il faut profiter.



La reproduction chez la marmotte :


C'est une course contre la montre dictée par le calendrier de la montagne. Dès leur réveil d'hibernation, au printemps (courant avril), l'urgence absolue est de pérenniser le clan avant le retour du froid.

Elles forment un système familial strict et hiérarchisé. Elles vivent en clan (parfois jusqu’à 15 individus), mais le droit à la reproduction est un privilège exclusif.

 

Aller, c'est parti !



Seuls le mâle alpha et la femelle alpha du groupe se reproduisent après quelques combats sans gravité entre le mâle dominant et ses éventuels concurrents.

La soumission des autres : La femelle dominante utilise son stress et son agressivité pour bloquer hormonalement l'ovulation des autres femelles subordonnées du clan. Si une autre femelle tombe quand même enceinte, ses chances de mener sa portée à terme sont très faibles en raison du harcèlement subi.

 

Moment de terrassement.


 

Un calendrier ultra-serré : 

L'accouplement a lieu directement dans le terrier, juste après le réveil printanier (avril-mai).

Les Marmottes sont alors souvent affaiblies par l'hiver, mais elles n'attendent pas d'avoir repris des forces.

 
Cool, l'endroit est parfait pour surveiller, j'ai fait du bon boulot !


La gestation dure environ 30 à 35 jours

Les petits, appelés les Marmottons, naissent en mai ou juin.

Une portée compte généralement entre 2 et 5 petits. À la naissance, ils sont minuscules (environ 30 grammes), aveugles, sans poils et totalement vulnérables.

 
Les Marmottons dorment au terrier, un petit tour du propriétaire s'impose (Femelle Alpha)


Leur apprentissage est express. Les jeunes restent bien au chaud dans le terrier pendant un mois, nourris du lait riche de leur mère.

Ils sortent du terrier début juillet pour faire leurs premiers pas à l'extérieur. C'est le moment le plus photogénique mais aussi le plus dangereux pour eux car ils sont des proies faciles pour l'aigle royal ou le renard.

Leur objectif pour l'été et dès leur sortie est de doubler ou tripler de volume. Ils n'ont que deux mois (juillet et août) pour accumuler assez de graisse pour survivre à leur tout premier hiver.

 
Femelle Alpha


Une maturité tardive :

Contrairement à d'autres rongeurs, la Marmotte a une reproduction lente.

Les jeunes n'atteignent leur maturité sexuelle qu'à l'âge de 2 ou 3 ans. C'est seulement à ce moment-là qu'ils quitteront le clan familial pour tenter de fonder leur propre territoire plus loin, une aventure souvent risquée.

 
Femelle Alpha

 



Les règles d'or de l'observateur :


Ne pas nourrir les Marmottes : C'est un point crucial ! Le pain, les gâteaux salés ou sucrés ou le chocolat (non, la Marmotte ne mange pas de chocolat, même si elle l'emballe dans le papier alu !) provoquent du diabète, des pertes de poils et nuisent à leur hibernation (elle produisent alors une graisse de mauvaise qualité).

En tout état de cause, même leur offrir des légumes n'est pas une bonne idée. Ce sont des animaux sauvages, et il ne faut pas les habituer à dépendre de l'Homme, ni même les habituer à trop nous approcher.

 

Femelle Alpha



Garder ses distances : Utiliser des jumelles ou un téléobjectif.

Si la Marmotte siffle, c'est qu'elle est stressée et donne l'alerte : on est trop près.

Les chiens en laisse : Même le plus gentil des chiens est perçu comme un prédateur (canidé) et perturbe gravement les colonies.

 

Femelle Alpha



Et l'avenir avec le réchauffement climatique :

La Marmotte est sensible à la hausse des températures.

Des hivers plus courts ou un manque de couverture neigeuse (qui isole le terrier du gel extrême) peuvent paradoxalement nuire à sa survie en hibernation.

Protéger la Marmotte, c’est préserver l'équilibre fragile de la biodiversité pyrénéenne.

 

Après avoir bien mangé, un moment de détente au soleil.



 

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