Visite aux Marmottes des Pyrénées.
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Face au réchauffement climatique devenu indéniable et pesant (marqué ici par des températures extrêmes et une forte sécheresse Vivant au cœur de la forêt, j'avoue être impatiente de retrouver un peu de sérénité avec des températures plus basses J'en profite pour saluer l'engagement des pompiers en général (français comme internationaux venus en renfort) et tout particulièrement |
Marmotte des Alpes - Marmota marmota
Un sifflement aigu qui retentit dans la vallée, une silhouette ronde qui se dresse sur un rocher. La Marmotte est aujourd'hui indissociable du paysage pyrénéen.
Pourtant la Marmotte avait totalement disparu des Pyrénées à la fin de la dernière glaciation (il y a environ 10 000 ans). Elle a été réintroduite avec succès par l'homme à partir de 1948 (depuis les Alpes) pour réguler la biodiversité et, indirectement, pour offrir une proie alternative aux Aigles royaux afin de protéger les Isards.
Comme tout être vivant, ce grand rongeur est soumis aux contraintes de son environnement. La vie en colonie chez la Marmotte répond donc à une nécessité vitale, même si elle apprécie bien évidemment la vie en collectivité !
Les Marmottes vivent en clans familiaux très hiérarchisés dans des réseaux de terriers complexes (terriers d'été, terriers de secours et le fameux terrier d'hibernation, profondément creusé).
L'hibernation est son mode de survie de l'automne au printemps (6 mois de léthargie). Sa température corporelle chute de 37°C à près de 5°C, et son cœur ralentit drastiquement.
Au printemps, l'urgence est de reprendre du poids. Le régime est essentiellement végétarien. Elles se nourrissent de plantes variées : herbes, graminées, fleurs, bourgeons, racines, baies, jeunes pousses… De temps à autre, elles peuvent manger des larves ou de petits insectes.
On les trouve généralement entre 1300 et 2500 mètres d'altitude, dans les éboulis et les pelouses de montagne.
Dans les Pyrénées, on peut les observer dans la vallée d'Aure et le Néouvielle, à Gavarnie et dans la vallée de Gaube (Cauterets), au Val d'Aran ou dans le massif du Canigou à l'est.
On peut privilégier des moments spécifiques pour les observer : Tôt le matin ou en fin d'après-midi en été, lorsqu'elles sortent pour se nourrir et éviter la chaleur de la mi-journée.
La reproduction chez la marmotte :
C'est une course contre la montre dictée par le calendrier de la montagne. Dès leur réveil d'hibernation, au printemps (courant avril), l'urgence absolue est de pérenniser le clan avant le retour du froid.
Elles forment un système familial strict et hiérarchisé. Elles vivent en clan (parfois jusqu’à 15 individus), mais le droit à la reproduction est un privilège exclusif.
Seuls le mâle alpha et la femelle alpha du groupe se reproduisent après quelques combats sans gravité entre le mâle dominant et ses éventuels concurrents.
La soumission des autres : La femelle dominante utilise son stress et son agressivité pour bloquer hormonalement l'ovulation des autres femelles subordonnées du clan. Si une autre femelle tombe quand même enceinte, ses chances de mener sa portée à terme sont très faibles en raison du harcèlement subi.
L'accouplement a lieu directement dans le terrier, juste après le réveil printanier (avril-mai).
Les Marmottes sont alors souvent affaiblies par l'hiver, mais elles n'attendent pas d'avoir repris des forces.
La gestation dure environ 30 à 35 jours.
Les petits, appelés les Marmottons, naissent en mai ou juin.
Une portée compte généralement entre 2 et 5 petits. À la naissance, ils sont minuscules (environ 30 grammes), aveugles, sans poils et totalement vulnérables.
Leur apprentissage est express. Les jeunes restent bien au chaud dans le terrier pendant un mois, nourris du lait riche de leur mère.
Ils sortent du terrier début juillet pour faire leurs premiers pas à l'extérieur. C'est le moment le plus photogénique mais aussi le plus dangereux pour eux car ils sont des proies faciles pour l'aigle royal ou le renard.
Leur objectif pour l'été et dès leur sortie est de doubler ou tripler de volume. Ils n'ont que deux mois (juillet et août) pour accumuler assez de graisse pour survivre à leur tout premier hiver.
Une maturité tardive :
Contrairement à d'autres rongeurs, la Marmotte a une reproduction lente.
Les jeunes n'atteignent leur maturité sexuelle qu'à l'âge de 2 ou 3 ans. C'est seulement à ce moment-là qu'ils quitteront le clan familial pour tenter de fonder leur propre territoire plus loin, une aventure souvent risquée.
Les règles d'or de l'observateur :
Ne pas nourrir les Marmottes : C'est un point crucial ! Le pain, les gâteaux salés ou sucrés ou le chocolat (non, la Marmotte ne mange pas de chocolat, même si elle l'emballe dans le papier alu !) provoquent du diabète, des pertes de poils et nuisent à leur hibernation (elle produisent alors une graisse de mauvaise qualité).
En tout état de cause, même leur offrir des légumes n'est pas une bonne idée. Ce sont des animaux sauvages, et il ne faut pas les habituer à dépendre de l'Homme, ni même les habituer à trop nous approcher.
Garder ses distances : Utiliser des jumelles ou un téléobjectif.
Si la Marmotte siffle, c'est qu'elle est stressée et donne l'alerte : on est trop près.
Les chiens en laisse : Même le plus gentil des chiens est perçu comme un prédateur (canidé) et perturbe gravement les colonies.
Et l'avenir avec le réchauffement climatique :
La Marmotte est sensible à la hausse des températures.
Des hivers plus courts ou un manque de couverture neigeuse (qui isole le terrier du gel extrême) peuvent paradoxalement nuire à sa survie en hibernation.
Protéger la Marmotte, c’est préserver l'équilibre fragile de la biodiversité pyrénéenne.