Le Ragondin

par Pascale MD  -  27 Septembre 2026, 19:00  -  #Mammifères, #Intelligence animale

Le Ragondin (Myocastor coypus), appelé aussi Myocastor, Castor des marais ou Loutre d'Amérique est une espèce de rongeurs à répartition cosmopolite, appartenant à la famille des Echimyidae, quand il n'est pas classé à part dans la famille des Myocastoridae.

Longueur : 52 cm (Adulte)
Poids : 5 à 9 kg (Adulte)
Période de gestation : 132 jours
Longévioté : 4 à 5 ans

Statut de conservation : Préoccupation mineure (En diminution)

Le Ragondin est un animal fascinant qui souffre souvent d'une mauvaise réputation, étant classé comme espèce "nuisible"
(ou espèce exotique envahissante) dans de nombreux pays, dont la France.


Voici un tour d'horizon de ce gros rongeur, avec un zoom particulier sur ses capacités cognitives.
 

 



Portrait d'un "gros rat" venu d'ailleurs.


Originaire d'Amérique du Sud, il a été introduit en Europe au XIXe siècle pour sa fourrure.
Suite à des évasions ou à des lâchers volontaires, il a colonisé nos zones humides.


Ses signes distinctifs : Ses quatre grandes incisives orange (dues à une forte concentration de fer) et ses moustaches blanches.


Semi-aquatique, il creuse des terriers profonds dans les berges, ce qui cause des dégâts aux digues et aux cours d'eau.

 



L'intelligence du Ragondin : Plus malin qu'il n'en a l'air.


On le réduit souvent à un simple " terrassier mangeur de roseaux", mais c'est un animal doté d'une intelligence pratique et sociale.



Il est extrêmement adaptable. S'il est chassé ou piégé, il change radicalement ses habitudes.  Naturellement crépusculaire, il peut devenir totalement nocturne s'il sent une pression humaine trop forte.

Il possède une excellente cartographie mentale de son territoire, connaissant par cœur les sorties de secours de ses galeries.

 
Un jeune avec sa mère.


Ce n'est pas un solitaire. Le Ragondin vit en groupes familiaux hiérarchisés.

Ils communiquent par une large gamme de sifflements et de grognements.

Son intelligence sociale se voit dans le soin apporté aux jeunes.

Petit détail étonnant, les femelles possèdent des mamelles situées sur les côtés du dos, permettant aux petits de téter tout en nageant à côté d'elle. C'est une adaptation évolutive brillante !

 


Bien qu'il ne soit pas au niveau d'un Corbeau ou d'un Chimpanzé, le Ragondin fait preuve d'une certaine ingéniosité. En effet, il sait manipuler des objets avec ses pattes avant (presque comme des mains).

En captivité, il peut être apprivoisé, reconnaître son nom et apprendre des routines simples, ce qui témoigne d'une capacité de mémorisation associative solide.

 


Si l'on dépasse son étiquette de "nuisible", le Ragondin révèle des particularités biologiques et comportementales assez uniques.

 

Une anatomie taillée pour l'eau : C'est un véritable ingénieur de la survie en milieu aquatique.

Sa morphologie est un modèle d'adaptation : Ses yeux et narines sont situés très haut sur le crâne (comme chez l'Hippopotame).
Cela lui permet de voir et de respirer tout en gardant la quasi-totalité de son corps immergé et invisible.

Ses pattes arrière sont palmées, mais pas totalement (le cinquième doigt est libre pour faciliter la toilette). Ses pattes avant sont dépourvues de palmes et sont extrêmement agiles pour manipuler la nourriture. 

Il peut rester sous l'eau pendant plus de 5 minutes s'il se sent menacé.

 



Un appétit insatiable (et sélectif) : Il est essentiellement herbivore, mais il ne mange pas n'importe quoi ! 

Il consomme environ 25 % de son poids en nourriture chaque jour.
Il adore les racines et les parties tendres des plantes aquatiques.

Le problème ? En cherchant les racines, il déracine beaucoup plus de plantes qu'il n'en consomme, ce qui dévaste les roselières. 

Fait surprenant : Il est "caecotrophe", comme le lapin. Il réingère une partie de ses crottes pour récupérer un maximum de nutriments et de vitamines non absorbés lors du premier passage.

 




Une reproduction "efficace" :  C'est là que réside le secret de son invasion.

Le Ragondin est une machine à se multiplier : Une femelle peut avoir 2 à 3 portées par an.

Chaque portée compte entre 5 et 7 petits en moyenne.

La gestation dure environ 130 jours, et les petits naissent "précoces" : ils ont déjà des poils, leurs yeux sont ouverts et ils peuvent nager avec leur mère quelques heures seulement après la naissance.

 



Ses relations avec l'homme et l'environnement.


Contrairement au Castor, le Ragondin est très sensible au gel. Des hivers très rigoureux peuvent décimer une population entière car sa queue, peu protégée, peut geler et s'infecter (gangrène).


En Europe, il en a peu de prédateurs, ce qui explique sa prolifération. Seuls le renard, le busard des roseaux ou les grands chiens errants s'attaquent aux jeunes. En Amérique du Sud, il doit faire face aux Caïmans et aux Jaguars !

 



Contrairement au Castor qui a une queue plate, le Ragondin a une queue cylindrique et écailleuse, ce qui permet de les distinguer facilement à distance.

Dans certains pays ou régions (comme en Louisiane ou parfois en Allemagne), sa viande est consommée et comparée à celle du lapin ou du porc. On l'appelait autrefois le "lièvre des marais" pour le rendre plus appétissant sur les menus !



 

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