Les Coléoptères... (et pourquoi et comment les préserver ?)

par Pascale MD  -  24 Mai 2026, 19:00  -  #Coléoptères, #Intelligence animale

La famille des coléoptères (en réalité l'ordre des Coleoptera) est la plus vaste du règne animal.

Des chiffres qui donnent le vertige
 : on a aujourd'hui décrit et nommé environ 400.000 espèces de coléoptères à travers le monde.


Mais ce n'est que la partie visible de l'iceberg. Pour bien réaliser l'ampleur de leur famille, voici quelques comparaisons :

- 1 espèce sur 4 : Environ 25 % de toutes les espèces animales connues sur la planète sont des coléoptères.

- 40 % des insectes : Ils représentent près de la moitié de la classe des insectes.

- Face aux mammifères : Il y a environ 80 fois plus d'espèces de coléoptères que d'espèces de mammifères (environ 5 500 à 6 000 espèces).

Les 2 espèces de Coléoptères ci-dessous ne représentent qu'un tout petit échantillon de 9 familles majeures sur les près de 200 existantes.

Sur les 519 espèces d'insectes photographiées sur ces pages, 69 espèces sont des Coléoptères.

 

Clyte bélier, (Clytus arietis), est un coléoptère longicorne de la famille des cerambycidae.


 

Voici ce que l'on peut dire sur ce groupe fascinant :


Une armure biologique unique


Le mot "Coléoptère" vient du grec koleos (fourreau) et pteron (aile). Leur principale caractéristique est la transformation de leurs ailes
antérieures en élytres.

Ces ailes rigides et protégées par de la chitine ne servent pas au vol, mais servent de bouclier pour protéger les ailes membraneuses fragiles situées dessous.

Cette "armure" leur permet de coloniser des milieux hostiles : sous l'écorce des arbres comme le Grand Capricorne, mais aussi dans le sol.


 

Femelle d'Oedémère noble (Oedemera nobilis) , appartenant à la famille des Oedemeridae - (cuisses fines pour les femelles, grosses cuisses pour les mâles).



Une incroyable diversité de formes et de couleurs.


Les couleurs métalliques : Comme l'Oedémère noble ou l'Hoplie bleue, dont les teintes éclatantes résultent souvent de la structure même de leur carapace.


Les formes spécialisées : Des corps très allongés et souples chez les Cantharidae, aux formes massives et blindées des Scarabaeidae.


Les appendices : Des antennes qui peuvent être très courtes et terminées en massue ou démesurément longues.


 

Téléphore fauve (Rhagonycha fulva), de la famille des Cantharidae.


 

Des rôles écologiques essentiels.


Les coléoptères sont les piliers de nombreux écosystèmes :

Pollinisateurs : Beaucoup sont floricoles et transportent le pollen, à l'image du Lupérus portugais ou de la Lepture fauve.

Auxiliaires du jardin : La Coccinelle est le prédateur de pucerons le plus célèbre.

Recycleurs (Saproxylophages) : Le Grand Capricorne aide à décomposer le bois des vieux chênes, réinjectant les nutriments dans le sol.


 

Anisoplie horticole ou Hanneton des jardins ou encore Hanneton horticole (Phyllopertha horticola). Ce spécimen appartient à la famille des Scarabaeidae (comme les hannetons).



 

Un cycle de vie en quatre étapes.

100 % des coléoptères sont des insectes "holométaboles". Cela signifie qu'ils subissent une métamorphose complète en quatre étapes bien distinctes. : l'œuf, la larve (souvent très différente de l'adulte, comme le ver blanc des hannetons), la nymphe, et enfin l'imago (l'adulte).


Une exception amusante : l'Hypermétamorphose


Certains coléoptères, comme les Mylabres (famille des Meloidae), poussent "le vice" encore plus loin. Ils ont un cycle en 4 étapes, mais leur stade larvaire est divisé en plusieurs formes très différentes : Une première larve très agile (le triongulin) qui doit escalader une fleur pour s'agripper à une abeille sauvage. Une deuxième larve, qui, une fois arrivée dans le nid de l'abeille, devient grasse et immobile pour manger les œufs et le miel. C'est une complexité fascinante qui montre à quel point ces insectes sont spécialisés.

 

Chrysomèle insipide (Gonioctena olivacea), est une espèce européenne de coléoptères de la famille des Chrysomelidae.



Combien en reste-t-il à découvrir ?

Les scientifiques estiment que nous n'avons identifié qu'une fraction de la réalité. Les estimations récentes (basées sur des modèles
statistiques et des prélèvements en canopée tropicale) suggèrent qu'il existerait en réalité entre 0,9 et 2,1 millions d'espèces au total. 
On découvre encore chaque année des milliers de nouvelles espèces de coléoptères.

Pourquoi sont-ils si nombreux ? 


La profusion des espèces repose sur leur incroyable capacité d'adaptation.

- L'armure (élytres) : Elle leur permet de vivre dans des micro-habitats (sous l'écorce, dans le sol, dans l'eau) où d'autres insectes ne
survivraient pas.


- Le régime alimentaire : Là, il y en a pour tous les goûts : des mangeurs de pollen (Cétoine), des chasseurs (Coccinelle), des recycleurs
de bois (Grand Capricorne) et même des spécialistes du compost.


C'est cette diversité qui fait que, peu importe où vous poserez votre regard dans la nature, vous aurez de grandes chances de tomber sur un membre de cette immense famille.

 

 

Cétoine grise (Oxythyrea funesta) - Cet insecte appartient à la famille des Scarabaeidae


 

En France métropolitaine (incluant la Corse), la richesse est impressionnante : on dénombre environ 10 000 à 12 000 espèces
de coléoptères.

C’est l’une des faunes les plus diversifiées d’Europe, grâce à la rencontre de plusieurs climats (océanique, continental, méditerranéen
et montagnard).


Voici où se cachent les plus grandes concentrations d'espèces sur notre territoire :


 

Coccinelle à sept points (Coccinella septempunctata), famille des Coccinellidae.


 

Le "Hotspot" Méditerranéen.


C'est sans surprise la zone la plus riche. La chaleur et la diversité de la flore favorisent des espèces comme le Mylabre, le Lupérus portugais ou le Grand Capricorne.

Les départements rois : Le Var, les Alpes-Maritimes et l'Hérault.

Pourquoi ? La présence de vieux chênes blancs et de garrigues offre des habitats parfaits pour les larves et les adultes floricoles.


 

Lepture tacheté, aussi appelé Strangalia tachetée (Rutpela maculata), est une espèce d'insectes coléoptères de la famille des cerambycidae.



Les Reliques des Forêts Anciennes.

Certains coléoptères, dits "saproxyliques" (qui dépendent du vieux bois), ne se trouvent QUE dans des forêts qui n'ont pas été exploitées
depuis des siècles.

Lieux clés : La forêt de Fontainebleau, la forêt de Massane (Pyrénées-Orientales), les forêts des Vosges, les forêts Cévenoles.

 

Espèces emblématiques : C'est là que l'on trouve le Lucane cerf-volant ou le rare Pique-prune.


 

Grand Capricorne (Cerambyx cerdo). Il appartient à la famille des Cerambycidae, dont les membres sont souvent appelés "Longicornes" en raison de la longueur impressionnante de leurs antennes.


 

Les Zones Humides et Vallées Alluviales.


Comme pour l'Hoplie bleue, l'eau est un facteur déterminant pour certaines familles.

Lieux clés : Les bords de Loire, le marais Poitevin ou les zones humides d'Alsace.

Pourquoi ? Le sable des berges et les bois tendres (saules, peupliers) sont essentiels au cycle de vie de nombreuses espèces.


La France joue donc un rôle majeur dans la conservation de ces insectes au niveau européen, car elle abrite des populations
de "grands" coléoptères qui ont disparu ailleurs.


 

Le vert au centre : Anthaxie brillante (Anthaxia nitidula) de la famille des Buprestidae.


 

Les Cévennes, abritant de véritables forêts anciennes, sont un véritable sanctuaire pour les coléoptères. 

Grâce à leur relief accidenté et leur climat de transition (entre influences méditerranéennes, montagnardes et océaniques), les forêts
cévenoles abritent une biodiversité exceptionnelle.

 

Le paradis des vieux bois (Les Saproxyliques)


Les vallées encaissées des Cévennes cachent des forêts de chênes et de hêtres qui ont été préservées des coupes industrielles. On y trouve :

Le Grand Capricorne : Il adore les chênaies des contreforts cévenols.

Le Lucane Cerf-volant : C’est ici qu’on trouve souvent les plus beaux spécimens de ce géant, dont les larves vivent dans les souches de vieux chênes et de châtaigniers.

La Rosalie des Alpes : Un joyau des Cerambycidae, d'un bleu gris velouté avec des taches noires, qui affectionne les vieux hêtres des
sommets cévenols.

 

 

Lepture fauve (Paracorymbia fulva). Comme le Grand Capricorne, elle appartient à la famille des Cerambycidae (les longicornes)


 

L'impact de la châtaigneraie


Le châtaignier, "l'arbre à pain" des Cévennes, joue un rôle majeur :

Les châtaigneraies anciennes, avec leurs troncs creux et leur bois mort, sont des hôtels 5 étoiles pour les coléoptères.

Même après la mort de l'arbre, le bois de châtaignier met très longtemps à se décomposer, offrant un habitat stable pendant des décennies pour des familles comme les Scarabaeidae (les cétoines) ou les Lucanidae (les Lucanes).


 

Crache-sang, Timarque ou Chrysomèle noire est une espèce d'insectes coléoptères de la famille des chrysomelidae.



Les étages de biodiversité


Ce qui rend les Cévennes uniques, c'est que l'on change de "monde" en quelques kilomètres de montée :

- En bas (Garrigues et Vallées) : On retrouve les Mylabres, Lupérus et Oedémères, typiques de la chaleur méditerranéenne.

- En haut (Forêts de hêtres et sapinières) : On croise des espèces plus rares, montagnardes, comme certains Carabes forestiers qui ne sortent que la nuit sur la mousse humide.


 

Malachie à deux points (Malachius bipustulatus) est une espèce d'insectes coléoptères de la famille des melyridae.


 

Un atout de poids : Un site classé à l'UNESCO


La reconnaissance des Cévennes par l'UNESCO (au titre de l'agro-pastoralisme) aide indirectement vos petits amis.

Le maintien des prairies d'altitude et des lisières forestières permet aux insectes floricoles (ceux qui aiment les fleurs comme les Téléphores) de trouver une nourriture abondante.


Dans les Cévennes, les inventaires scientifiques confirment déjà plus de 1 600 espèces dans certaines zones et près de 700 espèces
saproxyliques
(liés au bois mort)
uniquement. Le nombre total de coléoptères dans l’ensemble du massif est au moins de plusieurs milliers, mais il n’existe pas encore de chiffre précis et complet pour toute la région, car il dépend des efforts de prospection et des zones étudiées.


 

Lupérus portugais (nom scientifique $Exosoma$ $lusitanicum$).Il appartient à la famille des Chrysomelidae.


 

Les Cévennes bénéficient donc d'une situation privilégiée par rapport au reste de la France, mais elles ne sont pas pour autant une "bulle"
totalement hermétique.

On peut dire qu'elles sont relativement préservées, et ce pour plusieurs raisons géographiques et économiques :

- La topographie accidentée des Cévennes empêche l'agriculture et l’élevage intensif de s'installer.

- Le Parc National des Cévennes impose des réglementations strictes. Dans le cœur du parc, l'usage des produits phytosanitaires 
sont
globalement interdits
, mais avec quelques nuances très spécifiques liées à la santé publique (en cas d'invasion d'une espèce exotique
envahissante menaçant gravement la biodiversité locale ou la santé humaine et si aucune alternative mécanique n'existe) ou à des situations exceptionnelles (pour lutter contre certaines maladies végétales dévastatrices comme la flavescence dorée dans les vignes, bien que très rares en cœur de parc). 

- Les sources des rivières cévenoles étant en altitude, l'eau y est généralement d'une pureté exceptionnelle.


 

Scarabée rhinocéros européen mâle (Oryctes nasicornis), est une espèce d'insectes coléoptères de la famille des Scarabaeidae - Ce scarabée est l'un des insectes les plus forts au monde proportionnellement à sa taille. Il est capable de soulever plusieurs centaines de fois son propre poids !



- Les Cévennes comptent une proportion très élevée d'exploitations en bio ou en agriculture raisonnée (châtaignes, oignons doux, miel). 
En supprimant la chimie, on restaure la base de la pyramide alimentaire (le réseau trophique) : Plus de plantes sauvages et de micro-insectes servent de nourriture aux insectes prédateurs (comme les Coléoptères, Punaises assassines, Araignées) ; Cette abondance d'insectes (les
protéines du monde miniature) attire les oiseaux insectivores (Mésanges, Fauvettes) et les petits mammifères (Chauves-souris, Musaraignes, Hérissons) ; Ces petits animaux soutiennent à leur tour la présence des grands prédateurs du territoire (Rapaces, Renards, Sangliers,
Chevreuils, Cerfs...).


En conclusion :

C'est un cercle vertueux. Moins de chimie ne signifie pas "laisser le verger à l'abandon", mais faire confiance à la nature pour s'autoréguler.

Les prédateurs naturels remplacent les produits phytositaires, et c'est tout l'écosystème cévenol qui respire.


 

Mylabre à quatre points (Mylabris quadripunctata). Il appartient à la famille des Meloidae.


 

Cependant, il y a la menace invisible : Les traitements vétérinaires


Si les pesticides agricoles sont rares voire inexistants, une menace persiste pour les coléoptères : les traitements antiparasitaires du bétail (comme l'ivermectine et les autres antiparasitaires de la famille des lactones macrocycliques qui sont des molécules redoutables) et ce, même en élevage extensif.

En effet, e
lles restent actives dans les bouses pendant plusieurs semaines après le traitement, agissant comme un neurotoxique mortel pour les larves et les adultes de bousiers (Aphodius, Geotrupes, Copris).

Sans eux, les déjections ne sont plus enfouies, le sol s'asphyxie et le parasitisme des troupeaux augmente (un comble !).

Heureusement, de nombreux éleveurs cévenols sont sensibilisés à ce problème et adaptent leurs pratiques.


 

Cétoine dorée (Cetonia aurata) de la famille des Scarabaeidae.


 

Comment s'y prennent-ils ? 

Dans les Cévennes, où le pastoralisme façonne les paysages, les éleveurs sensibilisés déploient plusieurs stratégies très concrètes pour
protéger ces "éboueurs de la montagne" tout en veillant à la santé de leurs bêtes. Il existe donc bel et bien des solutions applicables partout !
 

- Le ciblage temporel (Le "Timing" stratégique) :  C'est la mesure la plus fréquente et la plus efficace. Les éleveurs évitent de traiter les
animaux au printemps et au début de l'été, période où les bousiers sortent de leur léthargie hivernale, se reproduisent et ont le plus besoin des bouses pour pondre.

- Le traitement de bergerie (en hiver) : Les animaux sont traités juste avant de rentrer en bâtiment pour l'hiver, ou pendant qu'ils y sont. Les résidus de médicaments se retrouvent alors dans le fumier de la bergerie. Ce fumier va composter pendant des mois, ce qui laisse le temps aux molécules chimiques de se dégrader en grande partie avant l'épandage, épargnant ainsi les bousiers des estives.


- Le traitement sélectif et ciblé (Le "Coproscopique") : Plutôt que de traiter tout le troupeau de manière systématique et préventive
(le calendrier classique), les éleveurs pratiquent de plus en plus le traitement ciblé avec l'analyses de selles (Coproscopie). L'éleveur effectue des prélèvements de bouses dans le troupeau pour les faire analyser. On ne traite que si le seuil d'infestation par les vers est réellement
critique.

- Le tri des animaux : Souvent, seuls les jeunes animaux (les agneaux ou veaux de l'année), dont l'immunité n'est pas encore faite, ont besoin d'un traitement. Les adultes, plus résistants, ne sont pas traités. Ainsi, la majorité des bouses déposées sur le causse ou en montagne restent saines pour les insectes.

 

La trichie fasciée (Trichius fasciatus) est une espèce d'insectes coléoptères de la famille des Scarabaeidae



- Le choix de molécules alternatives et moins persistantes : Toutes les molécules antiparasitaires n'ont pas le même impact sur la faune du sol. Les éleveurs privilégient des molécules de la même famille mais beaucoup moins rémanentes et moins toxiques pour les invertébrés, comme la moxidectine. Certains se tournent vers des traitements traditionnels ou alternatifs, utilisant des compléments alimentaires à base de plantes (phytothérapie vétérinaire, ail, pépins de pamplemousse) ou des blocs de sel enrichis en huiles essentielles qui rendent le système digestif des ruminants moins accueillant pour les parasites, sans empoisonner les bouses.

- La gestion du pâturage (La rotation) : Si un traitement d'urgence doit être fait en pleine saison d'estive, les éleveurs peuvent isoler le lot d'animaux traités sur une parcelle spécifique ou "sacrifiée" pendant les quelques jours où les résidus chimiques sont au plus haut dans les
déjections (généralement entre 4 et 10 jours selon la molécule). Une fois la période critique passée, le troupeau retourne sur les parcours naturels.

 

 

Mylabre inconstant (nom scientifique : Mylabris variabilis). Il appartient à la famille des Meloidae.



Un cercle vertueux : Ces efforts paient !!!

Lorsque les bousiers sont préservés, ils enfouissent une bouse en quelques jours à peine. Ce travail incorpore l'azote dans le sol (ce qui
fertilise la prairie), élimine les herbes refusées par le bétail et détruit mécaniquement les œufs des parasites des moutons qui ont besoin de rester à l'air libre pour éclore.

Protéger le bousier (et par voie de conséquences tous les autres insectes), c'est finalement le meilleur moyen pour l'éleveur de réduire ses frais de vétérinaire !

Pour toutes ces raisons, les Cévennes restent l'un des meilleurs refuges en France pour l'entomologie. Beaucoup des espèces présentes ici (entre autres le Grand Capricorne) ont disparu des zones de plaine à cause de la pollution et de la suppression des vieux arbres.


 

Hoplie bleue (Hoplia caerulea). Elle appartient à la famille des Scarabaeidae




 

Et si cela vous intéresse, la question de l'intelligence :


 

L'intelligence est une notion complexe, surtout quand on l'applique à une créature dont le cerveau n'est pas plus gros qu'une tête d'épingle.
Si vous imaginez l'intelligence comme la capacité à résoudre des équations, les coléoptères ne sont pas concernés, quoi que... 
Si on la définit comme la capacité à apprendre, à s'adapter et à prendre des décisions complexes, alors les coléoptères sont bien plus
"intelligents" qu'on ne le pense. Ils ne sont pas de simples robots biologiques régis par l'instinct ; ils possèdent ce que les scientifiques
appellent une cognition d'insecte.

Les coléoptères peuvent apprendre de leurs expériences. Beaucoup d'espèces floricoles (comme les Cétoines ou  Mylabres) mémorisent
l'emplacement des zones riches en fleurs et y reviennent. Des études ont montré que certains coléoptères peuvent associer une couleur
ou une odeur spécifique à une récompense (nourriture) ou à un danger.


Lorsqu'une Cétoine trouve une source de nourriture particulièrement abondante et de bonne qualité, son métabolisme ou le stress positif de la découverte peut amener l'insecte à émettre des signaux chimiques volatils. Ces molécules ne disent pas textuellement "Hé, venez ici, j'ai trouvé une poire !", mais elles transmettent un message de bien-être et de sécurité environnementale. Les autres Cétoines aux alentours captent ce signal, qui agit comme un amplificateur d'attraction (j'ai en ce moment des centaines de Cétoines dorés sur mes Pyracanthas en fleurs).

L'utilisations d'outils

Chez les coléoptères, l'utilisation d'outils (définie par le fait de manipuler un objet extérieur non attaché à son corps pour atteindre un
objectif précis) est rare, mais elle existe sous des formes fascinantes de construction, de protection ou de reproduction.

 

Les Bousiers, des ingénieurs du transport : Certains Bousiers utilisent des morceaux de feuilles ou des brindilles comme des "plateformes" ou des leviers pour déplacer leur précieuse charge sur des terrains difficiles ou sablonneux. Plus impressionnant encore : ils utilisent la boule de bouse elle-même comme un outil de thermorégulation. Quand le sol est brûlant (notamment dans le désert africain), le Bousier grimpe sur sa boule fraîche et humide pour réguler la température de ses pattes avant de reprendre sa route en se repérant grâce à la Voie lactée.
 

Les larves de Chrysomèles en armure de "bouclier fécal" : Certaines espèces de coléoptères (comme les larves de Cassidinae ou Cassides) poussent le recyclage très loin. Elles collectent leurs propres excréments et des restes de mues à l'aide de structures anatomiques spéciales sur leur dos pour se construire un véritable bouclier mobile. Cet "outil" de défense remplit deux fonctions : il sert de camouflage visuel et de barrière chimique/physique redoutable contre les prédateurs comme les fourmis.
 

Les Charançons cigariers, les maîtres du pliage : Le Charançon du bouleau (Deporaus betulae) réalise un travail d'ingénierie incroyable qui s'apparente à l'utilisation d'objets pour la nidification. La femelle découpe une feuille selon une courbe mathématique quasi parfaite (une
spirale d'Archimède) pour relâcher la tension de la plante. Elle utilise ensuite ses pattes et ses mandibules comme des pinces et des presses pour enrouler la feuille en forme de "cigare" serré, à l'intérieur duquel elle pond ses œufs. Ce tube protège les œufs des intempéries et des prédateurs tout en servant de première nourriture aux larves.


Nuance scientifique : En éthologie (l'étude du comportement animal), on débat parfois pour savoir si ces comportements relèvent d'une
"utilisation d'outils" pure et consciente ou d'un instinct génétique ultra-perfectionné. Quoi qu'il en soit, cela prouve que leur minuscule
cerveau est capable de réaliser des tâches d'une complexité architecturale et stratégique bluffante !



Des prouesses de navigation : Le cas du Bousier.

C'est sans doute l'exemple le plus frappant d'intelligence "technique". Le Bousier (un proche cousin du Cétoine et du Hanneton) est capable de : S'orienter grâce aux astres (Il utilise la lumière de la Voie lactée ou la polarisation de la lumière lunaire pour rouler sa boule en ligne droite et échapper aux concurrents). De Calculer sa trajectoire  (Si on le dévie, il recalcule instantanément son chemin. C'est une forme de traitement de l'information très sophistiquée).


La résolution de problèmes : Le Grand Capricorne


Pensez à la larve du Grand Capricorne qui vit des années dans l'obscurité totale à l'intérieur d'un tronc. Elle doit naviguer dans un labyrinthe de bois, éviter les zones trop dures ou trop sèches, et surtout, prévoir sa sortie. Juste avant de se transformer en nymphe, la larve creuse une galerie jusqu'à la surface mais s'arrête juste avant l'écorce, laissant une fine opercule. Elle "sait" que sous sa forme adulte, elle n'aura plus les mandibules assez fortes pour percer le bois massif. C'est une forme d'anticipation biologique.


Vie sociale et "intelligence collective"


Bien que la plupart des coléoptères soient solitaires, certains (comme les Nécrophores) font preuve de soins parentaux : Ils enterrent des
cadavres de petits animaux, les préparent (épilation, nettoyage) et nourrissent leurs larves. Cela demande une coordination de tâches et une communication chimique complexe.

 

Pourquoi semblent-ils parfois "bêtes" ?


Si vous voyez un Hanneton se cogner obstinément contre une vitre, ce n'est pas un manque d'intelligence, c'est un conflit technologique.
Son système de navigation est conçu pour la lumière de la lune (située à l'infini). Votre ampoule ou votre vitre crée un signal contradictoire que son logiciel interne ne peut pas traiter.


 



 

Au final, les coléoptères possèdent une intelligence "embarquée" optimisée pour leur survie.

Ils sont les champions de l'efficacité décisionnelle, et nous avons encore des tas de choses à
découvrir à leur sujet tant ils sont nombreux et diversifiés. 




 

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A
Il semble que ce soit un scarabée rhinocéros femelle. Merci pour tes indications. Bised
Répondre
P
Avec plaisir. Bises
A
Je suis passionnée par cet article. Aujourd'hui à Grimaud j'ai vu un coléoptère ressemblant à un hanneton mais deux fois plus gros, pas en fort. Je l'ai mis en dehors du chemin dans un coin tranquille. Merci tout plain Pascale. Bises
Répondre
P
Merci c'est gentil.<br /> Ce peut être un Hanneton des Pins ou un Scarabée Rhinocéros femelle. <br /> Ce sont des coléoptères qui ne semblent pas très vifs quand ils sont posés, mais tu as eu raison de l'éloigner du chemin.<br /> Bises et bonne journée Andrée.
J
Bonjour Pascale,<br /> Un sacré compte rendu sur les coléoptères dont je ne retiendrais pas tout malheureusement, à cause de mon grand âge. <br /> Tes images sont très belles et bravo pour tout le travail que représente cette série.<br /> Je te souhaite le Bon-Jour.<br /> P.S. : je vais t'envoyer par courriel, l'image d'une petite bestiole qui un jour est venue spontanément se poser sur mon bras, tandis que j'étais à l'ombre, sous des grands arbres bien feuillus, sur un transat de l'ile de Koh Larn, à me la couler douce.
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P
Bonjour Jean,<br /> Un très grand merci pour ton message et pour tes compliments sur les photos de coléoptères ! <br /> Ne t'inquiète absolument pas pour la mémoire, le but de ces articles n'est pas de tout retenir par cœur, mais simplement de s'émerveiller le temps d'une lecture devant la folle diversité de la nature. C'est bien déjà non ;-)<br /> Je guette ma boîte courriel avec impatience ! J'adore ce genre de surprise et j'ai hâte de découvrir cette petite bestiole thaïlandaise venue te tenir compagnie sur ton transat à Koh Larn.<br /> Je te souhaite également un excellent Bon-Jour.
P
Bonjour Pascale, content de te visiter pour constater que tes photos et articles sont toujours de très bonne qualité et instructifs à tout un chacun. Malheureusement je n'ai plus de blog photos, uniquement sur facebook et instagram. Excellente continuation.
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P
Bonjour Philippe, <br /> Je suis ravie de te revoir par ici. J'espère que tu vas bien ? Cela faisait fort longtemps que je n'avais plus du tout de nouvelles.<br /> J'avoue que je me suis interrogée sur ton absence et le message "erreur 410 page non trouvée" de ton lien.<br /> Alors comme je fais de la résistance aux réseaux que je trouve plus asociaux que sociaux, je ne pourrais t'y rejoindre car je n'y suis pas.<br /> Bonne continuation à toi également.
L
Beautiful photos of these beetles, Pascale! I love ladybugs! :)
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P
Thanks a lot Linda.
C
bonjour Pascale<br /> j'ai fait ma B.A. du jour, sauvetage d'une coccinelle trouvée dans la cueillette des cerises, avec mon mari on en prend soin !! Elles deviennent de plus en plus rares.<br /> Belle journée
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P
Bonjour Francette,<br /> Super, c'est une belle action et elle te le rendra bien en mangeant quelques Pucerons. (5000 Pucerons dévorés entre son stade larvaire et la période adulte, c'est un beau score ;-)<br /> Ici, j'en vois encore régulièrement (je parle de la Coccinelle à 7 points bien évidemment).<br /> Chez une amie voisine qui a un gîte, chaque hiver, il est envahi par des centaines de Coccinelles asiatiques tout le tour de sa porte d'entrée à l'intérieur. <br /> Bon après-midi à toi.
V
C'est vraiment passionnant! Autant de découvertes dans le texte que dans les photos, qui sont d'une beauté incroyable! Merci pour ce moment!! Gros bisous Pascale. cathy
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P
Merci beaucoup Cathy, c'est très gentil.<br /> Contente que tu aies apprécié.<br /> Gros bisous et bonne fin de journée.
A
Bonjour Pascale, <br /> Quel article passionnant. Quand je pense que je ne reconnais que quatre à cinq espèces de coléoptères sur le nombre édifiant de leurs variétés ! Et plus encore, chaque espèce est différente dans son comportement, son intelligence, bref ses us et coutumes. Extraordinaire. Et merci pour cet article si bien illustré.<br /> Bises.
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P
Bonjour Albert,<br /> Merci, c'est très gentil.<br /> Tu as sans aucun doute d'autres passions que celles de rechercher, d'identifier et d'apprendre à connaître les animaux ;-)<br /> C'est un monde fascinant et... extraordinaire, je suis bien d'accord.<br /> Bises.
M
Cet article sur les coléoptères est très intéressant, à nouveau j'ai appris plein de choses et les photos sont magnifiques! Merci Pascale et très belle journée!
Répondre
P
Merci beaucoup Monique, c'est très gentil.<br /> Bonne soirée à toi.
P
Bonjour,<br /> J'ai dévoré ton article et j'y ai découvert beaucoup de choses que j'ignorais .<br /> Les insectes que tu nous montres m'étaient familiers autrefois et savoir qu'il existe encore pour eux des espaces où ils continuent à vivre en paix et en santé est tout à fait positif .Le respect vigilant de la nature et l'intelligence mise à contribution de façon soutenue pour trouver comment y parvenir malgré les impératifs actuels , cela peut exister , donc !<br /> Pour ce qui est de l'intelligence des insectes , j'en étais restée aux ruses pour se cacher .<br /> Merci Pascale pour toutes ces informations précieuses .<br /> Bise.
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P
Bonsoir Sophie,<br /> Un grand merci pour ce message. Je suis vraiment ravie que cet article t'ait permis de faire de nouvelles découvertes !<br /> C'est une très belle réflexion ! Oui, le respect vigilant et l'intelligence individuelle comme collective pour préserver ces espaces de paix existent encore, et c'est une immense source d'espoir. <br /> Malgré les pressions actuelles, quand les humains mettent leur ingéniosité au service du vivant plutôt que de sa domination, on voit que la nature répond présente avec une résilience incroyable.<br /> Et pour ce qui est de l'intelligence des insectes, c'est vrai qu'on pense souvent d'abord au camouflage ou aux ruses passives. Mais dès qu'on s'y penche de plus près, on découvre des capacités d'apprentissage, d'orientation et de choix qui dépassent de loin le simple réflexe. C'est un univers fascinant.<br /> Merci encore pour ta lecture et ce retour si positif.<br /> Passe une excellente soirée.<br /> Bise.
M
Bonjour Pascale<br /> Le monde des Insectes est d'une telle richesse que même si des espèces hélas disparaissent il y en a toujours à découvrir...Les Coléoptères sont les plus nombreux dans le sud et je les confonds souvent si je ne les prends pas en photos pour les identifier ensuite :) Ton article est fabuleux, je ne pensais pas que tant d'expériences avaient été réalisées pour comprendre leur comportement et déceler leur manière bien à eux d'être "intelligents". Je trouve qu'on devrait éduquer les enfants très tôt car ils ont souvent peur de ces petites bêtes alors que la grande majorité sont totalement inoffensives et toutes tellement utiles pour l'équilibre de la nature. Je m'y emploie avec mon petit fils qui a 5 ans, sa maman qui est parisienne, et qui a pour la première fois de sa vie un jardin, a du mal à accepter qu'ils les attrapent dans ses mains ou autre comportement d'enfant...il faut aussi "éduquer" les mamans :) Bisous et une belle journée
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P
Bonsoir Manou,<br /> Un grand merci pour ton commentaire ! <br /> C'est tout à fait vrai, le monde des insectes est un puits sans fond et la photographie est un outil formidable pour prendre le temps de les observer et de les identifier sans se tromper. <br /> Je suis ravie que les détails sur leur intelligence et les expériences menées t'aient intéressée.<br /> Tu touches du doigt un point essentiel : l'éducation des enfants (et parfois des parents !). <br /> Nous avons le même fonctionnement de transmission. J'ai été éduquée de cette manière avec un Papa très proche de la nature, je l'ai transmis à mes enfants qui le transmettent aussi à leurs enfants. <br /> On peut tout à fait comprendre la réaction de sa maman. Pour une Parisienne qui découvre les joies et les surprises d'un premier jardin, voir son petit attraper des petites bêtes à pleines mains peut être un peu impressionnant au début (quand mon second fils était petit et que nous sommes arrivés en Cévennes, il me montrait des Scorpions noirs à queue jaune dans le creux de ses mains ! ) <br /> C'est un double apprentissage, accompagner le petit-fils pour qu'il manipule ces insectes avec douceur sans leur faire de mal, et rassurer la maman en lui montrant qu'ils sont inoffensifs et surtout indispensables à la vie de son nouveau jardin. Une belle mission de transmission en famille !<br /> Merci encore pour ton partage et ton enthousiasme.<br /> Passe une excellente fin de journée, et de très bons moments au jardin avec ton petit-fils !<br /> Bisous.
D
Bonjour Pascale mais quel merveilleux reportage sur ces magnifiques insectes et ces sublimes photos et explications merci du partage bonne journée Claudine Daniel
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P
Bonsoir,<br /> Merci beaucoup, c'est vraiment gentil.<br /> Belle fin de soirée à vous deux.
C
Bonjour Pascale<br /> Le texte sur les coléoptères est captivant mais les photos ! Ouahouh ! <br /> Bises montagnardes
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P
Bonsoir Christian,<br /> Merci pour ton enthousiasme, c'est gentil.<br /> Bises.
P
Coucou Pascale,<br /> Un grand BRAVO pour cet article haut en couleurs avec de très belles photographies et des informations très pointues.<br /> On apprend beaucoup sur les coléoptères qui jouent un rôle écologique impressionnant. Avec tes textes on découvre beaucoup de choses intéressantes. C'est génial de voir les éleveurs Cévenols prendre conscience de l'impact des traitements vétérinaires sur la biodiversité. C'est quelque chose qui m'interpelle beaucoup dans notre département qui est la "Patrie du mouton" lorsque que l'on me dit que ces ovins font "du bien à la montagne" cela a tendance à m'énerver quelque peu. Leurs déjections parasites plus qu'elles ne font du bien ! Après peut être que je ne sais pas mais que les éleveurs font plus attention à présent aux traitements.<br /> Ton texte sur leur intelligence me fascine.(jusqu'à avoir des soins parentaux)<br /> Nous avons très certainement moins de coléoptères que dans les Cévennes n'ayant pas une végétation aussi variée et riche mais nous en avons et j'aime les regarder et les photographier. Certains avec des couleurs métalliques sont de vrais petits bijoux.<br /> Merci pour tout le temps que tu sais nous donner pour tes articles fascinants.<br /> Une très belle journée à vous deux. Le soleil est là et ne nous plaignons pas ..... c'est trop bon ! <br /> Bisous et caresses à ton Gus (As-tu reçu son collier GPS ,)
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P
Merci infiniment pour ces précisions sur le Mercantour, c'est vraiment passionnant et ça montre bien à quel point gérer la montagne est un vrai casse-tête.<br /> Tu as tout à fait raison de souligner le problème d'eutrophisation des lacs d'altitude. Ces petits plans d'eau perchés sont naturellement très pauvres en nutriments et c'est justement ça qui leur donne cette pureté et cette transparence incroyables. Mais quand l'azote et le phosphore des déjections des troupeaux ruissellent jusqu'à eux, ça agit comme un engrais ultra-puissant. Alors les algues se mettent à proliférer, étouffent le milieu, vident l'eau de son oxygène et flinguent toute la faune et la flore locales. <br /> C'est exactement le même mécanisme biologique en Bretagne avec les Cochons, mais à une échelle industrielle beaucoup plus vaste et bien plus dramatique (Sangliers, Chiens, Chevaux, humains en sont morts empoisonnés). Si tu ne l'as pas déjà vu, un très bon film à voir sur le sujet : 'Les Algues vertes". <br /> Alors savoir que le Parc du Mercantour parvient petit à petit à éloigner les troupeaux de ces zones hyper-sensibles, c'est une super nouvelle pour la biodiversité là-haut.<br /> Pour le collier pour Gus, carrément, ils connaissent bien ces technologies, ils les utilisent sur de longues distances et dans des coins où le réseau est aux abonnés absents. Il devrait pouvoir me filer un conseil avisé (je le croise régulièrement ce Monsieur, il est tout le temps en train de bosser sur ses terrains forestiers). Comme quoi tous les chasseurs ne sont pas des gros 😖😖😖😖<br /> Hier soir un avion de chasse est de nouveau passé à basse altitude, on était dans le jardin et Gus a filé à l'intérieur. Il n'était pas serein, mais on a tenté de lui montrer qu'il n'avait rien à craindre.<br /> Pour la météo, tu as tout dit, entre l'Ascension et la Pentecôte, on a pris plus de 15°. Ici, c'est moins violent que chez toi tout de même manifestement. Je crois que je t'avais dit, nous avons éteint le chauffage aux alentours du 10 avril et pour le moment avec nos gros murs de pierres, en ouvrant la nuit et en fermant les volets le jour, la clim est encore éteinte. <br /> C'est ce côté extrême et imprévisible qui nous déstabilise. Et voir la Bretagne suffoquer sous la canicule, alors qu'elle est d'habitude tempérée par l'océan, ça montre bien que les dérèglements actuels foutent en l'air tous nos repères géographiques.<br /> Prends soin de toi avec cette chaleur et passe un bon après-midi !<br /> Bisous Élisa.<br />
P
Merci pour ta réponse Pascale. J'ai pu parler lors de mes rencontres avec des gardes du Parc du Mercantour au sujet des moutons. L'urine et les déjections des ovins posent un problème pour la santé écologique des lacs d'altitude. Par le ruissellement les urines riches en azote et en phosphore) vont se jeter dans les lacs et déséquilibre totalement l'écosystème. Après des années de discussions petit à petit les troupeaux d'ovins en estive arrivent à être complètement interdits du Parc.<br /> A Zut alors pour le collier! Oui c'est une bonne idée de demander à ce chasseur. Je sais qu'ici la plupart des chiens de chasse sont sous GPS.<br /> Pour la température effectivement c'est incroyable. Pour l'Ascension nous avions le chauffage et pour la Pentecôte c'est la clim. Ce qui m'interpelle le plus c'est la canicule en Bretagne ! Bisous Pascale et un bon après-midi.
P
Coucou Élisa,<br /> Je suis ravie que les photos et les détails sur l'intelligence et les soins parentaux de ces petits animaux t'aient plu. <br /> Je suis d'accord, certains coléoptères sont vraiment magnifiques.<br /> Ta réflexion sur le pastoralisme et les traitements vétérinaires est extrêmement juste et touche au cœur du problème. Dans la "Patrie du mouton", le raccourci disant que les ovins font systématiquement "du bien à la montagne" mérite effectivement d'être nuancé.<br /> Le pastoralisme est un excellent outil pour entretenir les milieux ouverts et éviter que la forêt ne ferme tout, c'est vrai, mais l'impact dépend entièrement des pratiques. <br /> Tu as tout à fait raison, lorsque les troupeaux subissent des traitements antiparasitaires systématiques (notamment avec certaines molécules très persistantes comme les ivermectines), leurs déjections deviennent toxiques pour toute la faune du sol. Les bousiers et autres insectes coprophages, qui devraient nettoyer les prairies et amender la terre, sont alors décimés. Sans eux, le cycle s'arrête, les crottes ne se dégradent plus et la terre s'asphyxie.<br /> Heureusement, les mentalités évoluent. De plus en plus d'éleveur de montagne, prennent conscience de cela. Ils apprennent à cibler les traitements au lieu de faire du systématique, à vermifuger au bon moment (lorsque leurs animaux sont en bergerie plutôt qu'au moment du lâcher en estive) ou à utiliser des alternatives plus respectueuses. <br /> Il y a encore du chemin à faire, mais la prise de conscience est là et c'est tout leur intérêt s'ils veulent conserver de bonnes pâtures nourrissantes.<br /> Pour répondre à ta question, oui, le collier GPS du p'tit Gus est bien arrivé ! J'ai testé, c'est de la m.... ! Je vais le renvoyer et en choisir un autre. Il avait pourtant 5* (je vais demander conseil au chasseur qui nous a aidé à nous préserver des Sangliers au refuge, que je connais bien à présent et qui a équipé ses chiens). Gus te remercie pour les caresses ;-)<br /> Oui, le soleil est là, mais c'est tout ou rien. Un juste milieu, c'est possible ???? 39° à Alès cet après-midi, c'est du n'importe quoi à cette période de l'année.<br /> Bonne fin de journée à vous deux.<br /> Bisous Élisa.
M
Coucou Pascale. j'ai beaucoup apprécié ta page et tes photos tes explications sont très claires.. Si petit et tellement intelligent pas rapport à l'homme et quelle diversité dans ton coin. cela fait longtemps que je n'ai pas aperçu de scarabée rhinosèros. Bonne semaine Pascale bises.
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P
Coucou Mireille,<br /> Merci, c'est très gentil.<br /> Ici, j'en croise très souvent, mâles ou femelles.<br /> Bises et bonne semaine également.
Z
Merci infiniment Pascale pour ce bel article qui m'a tout appris sur les coléoptères . C'est passionnant . Et leur intelligence est vraiment sidérante . J'ai bien ri en trouvant que finalement le bousier avait son GPS perso. Bravo aux éleveurs des Cévennes qui réduisent l'emploi des produits nocifs.<br /> Bises et amitiés . Caresses à Gus .
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P
Merci Zoé pour ce retour si sympathique ! <br /> C'est vrai que l'image du bousier avec son petit GPS interne est assez savoureuse, et pourtant, c'est exactement ça, il a une boussole céleste miniature d'une efficacité redoutable que je lui envie.<br /> Et oui, un grand coup de chapeau aux éleveurs cévenols qui protègent leur terre et tout ce petit monde invisible.<br /> Gus te remercie chaleureusement pour les caresses.<br /> Passe une excellente soirée et à très bientôt.<br /> Bises et amitiés !
C
Bonjour Pascale<br /> Des insectes fascinants et de toute beauté comme on le voit sur tes photos.<br /> je suis encore encore ebahis devant l'intelligence et l'utilité des des coleopteres, et je vois que dans ta régions ils sont en nombre.<br /> merci pour ce bel article et bravo pour ton savoir et tes recherches.<br /> à bientot<br /> chaud dans le puy de dôme comme beaucoup de régions.
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P
Bonsoir Christophe,<br /> C'est vrai qu'ils sont fascinants. On les imagine souvent un peu "rustiques", alors qu'ils déploient une intelligence et des stratégies de survie incroyables.<br /> Ici dans les Cévennes, le relief et le pastoralisme raisonné nous préservent encore un peu, ce qui leur offre un magnifique refuge. Mais le Puy-de-Dôme n'est pas en reste à condition que les éleveurs se sentent eux aussi concernés ! <br /> La météo s'affole un peu partout en ce moment. <br /> Bonne soirée.
L
Un magnifique billet très complet!! Tes explications sont très claires et j'y apprends pleins de chooses......<br /> Tes photos et macros sont superbes.<br /> Bisous et douce soirée
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P
Merci beaucoup Nelly, c'est très gentil.<br /> Ravies que tu apprécies.<br /> Bisous et bonne soirée également.
W
Beautiful and interesting series, also thanks to the information and lovely close-up photography.
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P
Thanks a lot Willem.
F
Bonsoir ma douce Pascale<br /> Grace à toi j'ai appris plein de choses très intéressantes sur ces insectes.<br /> Une sacré diversité de formes et de couleurs avec des photos d'une grande beauté.<br /> On en voit certains ici aussi dans le jardin de temps en temps.<br /> Jolie coccinelle où quand j'étais jeune je la mettais dans ma main, je comptais ses points et je la laissait s'envoler en lui disant "coccinelle va dire au bon Dieu qu'il fasse beau demain", je ne me rappelle plus si le lendemain il faisait beau ih ih ih !!!<br /> Merci pour ton gentil commentaire.<br /> J'espère que ta journée de lundi s'est bien passée sous le soleil et la chaleur supportable, car à beaucoup d'endroits en métropole c'est la canicule, alors que chez nous c'est la fraîcheur bien agréable chez moi de l'hiver austral.<br /> Douce soirée et belle nuit étoilée.<br /> Je te fais de gros bisous d'amitié.<br /> Fany de la Réunion.
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P
Bonsoir Fany,<br /> Merci pour ce message empreint de nostalgie de ton enfance. Ta petite comptine de la coccinelle m'a arraché un grand sourire. Nous sommes nombreux à avoir fait ce rituel sur le bout de nos doigts d'enfants ! Qu'il ait fait beau le lendemain ou pas, c'est ce genre de souvenir qui tisse notre lien avec la nature dès le plus jeune âge.<br /> Je suis ravie que les photos et les textes t'aient permis de découvrir la diversité de ces insectes. Ravie aussi de savoir que tu en croises quelques-uns dans ton jardin.<br /> Ici, la journée s'est bien passée, mais c'est vrai que la métropole commence à sérieusement chauffer à pas mal d'endroits ! Ton hiver austral et sa fraîcheur bien agréable font presque rêver vus d'ici. Profite bien de ces températures douces de l'autre côté du globe.<br /> Passe une excellente soirée et une très belle nuit étoilée de ton côté également.<br /> Gros bisous et bonne soirée.