Guêpier d'Europe
Merops apiaster - European Bee-eater
Ordre : Coraciiformes
Famille : Méropidés
Genre : Merops
Espèce : apiaster
Descripteur Linnaeus, 1758
Biométrie Taille : 28 cm
Envergure : 44 à 49 cm.
Poids : 50 à 56 g
Longévité : 7 ans
Le Guêpier d'Europe (Merops apiaster) est sans conteste l'un des oiseaux les plus fascinants et les plus colorés de notre faune. Derrière son plumage exotique digne des tropiques se cache un oiseau d'une intelligence remarquable, doté d'adaptations comportementales et cognitives fascinantes.
Comme chaque année, ils passent en chantant au dessus de notre maison pour nous avertir de leur arrivée, comme ils le referont fin
septembre pour nous prévenir de leur départ. Habituellement ils arrivent fin avril, cette année, c'était le 7 mai.
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Une intelligence tactique : la maîtrise du venin.
La plus grande preuve d'intelligence pratique chez le Guêpier réside dans sa technique de chasse et de préparation des proies.
Comme son nom l'indique, on croit souvent qu'il se nourrit principalement d'hyménoptères (Guêpes, Frelons, Abeilles...). C'est une partie de la réalité et j'aborderais ce point en fin d'article.
Donc, pour consommer ces insectes armés de dards sans s'empoisonner, le guêpier utilise une méthode d'une grande précision :
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Il repère sa proie depuis un perchoir et la capture en plein vol avec un claquement de bec sec.
De retour sur sa branche, il frappe l'insecte contre le bois pour l'étourdir ou le tuer.
Ensuite, c'est le geste le plus technique : Il frotte l'abdomen de l'insecte contre le perchoir pour lui faire exprimer son venin et
casser le dard.
Ce comportement est en partie inné, mais il est perfectionné par l'apprentissage et l'observation des adultes chez les jeunes.
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Ils ont une vie sociale hautement développée.
Le Guêpier d'Europe est un oiseau éminemment grégaire. Il niche en colonies, chasse en groupe et migre ensemble.
Cette vie communautaire a favorisé le développement d'une structure sociale complexe.
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L'aide au nid (Le "Helper" system) est une marque forte d'intelligence sociale. Chez les Guêpiers, il n'est pas rare que des couples reçoivent l'aide d'un "assistant" (souvent un jeune mâle de l'année précédente, fils du couple ou apparenté) pour couver les œufs et nourrir les oisillons. Ce système d'entraide améliore considérablement les chances de survie de la couvée.
Leur communication est d'une grande richesse. Leurs cris roulés typiques ("pruuik-pruuik") ne sont pas de simples bruits de contact.
Ils possèdent une variété de modulations permettant de signaler la présence d'un prédateur, de coordonner les mouvements du groupe lors de la chasse ou de renforcer les liens du couple.
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L'ingénierie du nid en fait des terrassiers hors pair.
L'intelligence du Guêpier s'exprime aussi dans sa capacité à modifier son environnement.
Contrairement à la majorité des oiseaux qui construisent des nids de branches ou de paille, le guêpier est un foreur.
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Au printemps, le couple de Guêpiers creuse une galerie horizontale dans les parois meubles des berges de rivières, les falaises de sable ou les fronts de carrières.
À l'aide de leur bec et de leurs pattes, ils parviennent à déplacer jusqu'à plusieurs kilos de terre pour créer un tunnel mesurant entre 1 et 2 mètres de long, se terminant par une chambre d'incubation confortable. Cela demande une excellente perception de l'espace et une
évaluation de la stabilité du sol.
Une mémoire spatiale et une navigation exceptionnelles.
En tant que migrateur à longue distance (il passe l'hiver en Afrique subsaharienne et revient en Europe au printemps), le Guêpier fait preuve d'une cognition spatiale remarquable.
Non seulement il est capable de traverser des milliers de kilomètres en s'orientant grâce aux astres et au champ magnétique terrestre, mais il fait preuve d'une grande fidélité à son site de nidification.
Revenir exactement au même point d'une année sur l'autre, parfois à la même falaise, demande des capacités de cartographie mentale très développées.
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Le Guêpier d'Europe n'est donc pas seulement un plaisir pour les yeux (et les photographes !) et pour les oreilles (son chant est admirable). C'est un oiseau qui brille aussi par :
- Sa cognition comportementale (manipulation d'outils/proies dangereuses).
- Son intelligence sociale (solidarité familiale et vie de colonie).
- Ses compétences architecturales et de navigation.
C'est un véritable condensé de plasticité comportementale sous un manteau de plumes arc-en-ciel qu'on ne se lasse pas d'admirer années après années.
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L'alimentation du Guêpier d'Europe :
Les apiculteurs ont souvent très peur de ces oiseaux lorsqu’ils s’installent non loin des ruchers, mais la peur naît souvent de l'ignorance.
Le Guêpier d’Europe est un insectivore strict. Il chasse en vol, avec une précision remarquable, capturant des insectes ailés. Son régime
alimentaire est varié : Guêpes, Frelons, Libellules, Papillons, Coléoptères, Cigales, Mantes religieuses… et oui, parfois des Abeilles.
Pour autant, le Guêpier ne “choisit” pas l’abeille comme proie principale. Il s’adapte à ce qu'il trouve dans son milieu et en fonction de
l’abondance locale du moment.
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Sur le terrain, les observateurs démontrent que l'Abeille est au final une part très limitée de son alimentation globale et ce, même lorsque ces oiseaux nichent à proximité d’un rucher. D'ailleurs sur des années d'observations et certainement plusieurs milliers de photos, je ne sais pas si une seule de ses proies était une Abeille.
Selon un apiculteur Jurassien, ses observations et un recul de plusieurs saisons apicoles lui permettent d'affirmer ceci : "Le Guêpier d’Europe n’est pas un prédateur majeur des ruches. Contrairement au frelon asiatique, il ne stationne pas devant les planches d’envol, ne harcèle pas les butineuses et ne provoque pas de stress chronique au sein de la colonie. Dans certains cas très localisés, notamment lorsque des ruches sont installées directement sous un site de nidification, une prédation visible peut être observée. Mais même alors, les pertes restent
marginales à l’échelle de la colonie. La crainte qu’il suscite est avant tout émotionnelle. Voir un oiseau attraper une abeille en plein vol marque l’esprit. Pourtant, lorsque l’on prend du recul, on se rend compte que d’autres causes - maladies, manque de ressources florales,
pratiques agricoles - ont un impact bien plus lourd sur la santé des ruches. Adopter une posture bienveillante et informée permet d’éviter des réactions excessives et souvent injustifiées".