La perversité animaux vs humains : conclusion (4/4)
Faire une conclusion sur un tel sujet n'est pas si facile, mais je vais tenter de m'y essayer.
Il existe un comportement très spécifique qui remet l'humain à sa place au sein du règne vivant.
C'est une forme de paradoxe typiquement humain : nous sommes la seule espèce capable de théoriser la "morale" ou la "bienveillance"
(et d'en faire un étendard culturel) tout en étant les seuls à avoir industrialisé la mort à une échelle globale.
Cet état de fait soulève des points essentiels sur la différence entre notre violence et celle des animaux.
L'élevage intensif (faire naître pour tuer) illustre une forme de violence froide et déconnectée.
Chez l'animal, la mise à mort est directe, souvent dictée par la faim ou la défense.
Elle s'inscrit dans un cycle biologique immédiat.
Chez l'humain, la "perversité" peut parfois se nicher dans cette capacité à traiter le vivant comme une simple ressource inerte,
en faisant totalement abstraction de la souffrance.
Les zones d'ombre de l'intelligence animale.
Nous commençons à peine à entrevoir la complexité émotionnelle des animaux. L'éthologie moderne montre que :
La culture animale existe : Les Orques, les Chimpanzés, les Éléphants, les Cétacés... par exemple transmettent des savoirs, mais aussi des
traditions sociales. Si la culture existe, alors des formes de "vices" ou de "vertus" sociales propres à leur espèce existent probablement aussi, sans que nous ayons les codes pour les comprendre.
- La sensibilité (sentience) : La science reconnaît désormais que la plupart des animaux ressentent des émotions complexes (deuil, empathie, traumatisme...). Cela signifie que leur violence n'est pas "mécanique", elle est vécue, ressentie. Les animaux ne sont donc pas enfermés dans un instinct.
C'est ici que nous pointons du doigt le basculement majeur de l'éthologie contemporaine : si un animal ressent, alors il n'est plus une machine biologique, mais un sujet. Dire qu'un animal est "enfermé dans son instinct" revient à dire qu'il ne fait qu'exécuter un programme
informatique. Or, la reconnaissance de la sentience change tout !
C'est donc la fin de "l'animal-machine".
Si un animal peut vivre un traumatisme, cela signifie que son passé influence son présent au-delà de ses gènes.
Un Chien qui a été maltraité ne réagit pas seulement par "instinct de survie", il porte une blessure émotionnelle qui modifie son caractère.
L'instinct est une base, mais le vécu individuel vient sculpter le comportement.
La capacité de choix et d'inhibition.
L'empathie est la preuve la plus flagrante que l'instinct n'est pas une prison.
Ainsi, on observe :
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- L'altruisme interspécifique : Un Dauphin qui aide un humain à regagner le rivage, une Chatte qui adopte des Canetons ou une Lionne qui adopte un bébé Gazelle. Absolument rien dans leur instinct ne les y oblige ! Il s'agit d'une réponse émotionnelle immédiate à la détresse d'un autre être vivant.
- L'inhibition de l'agression : Un Chien ou un Loup dominant qui "fait semblant" de perdre contre un Chiot pour l'encourager à jouer.
Ici, l'adulte choisit consciemment de ne pas suivre son instinct de domination pour privilégier un lien social.
L'intelligence adaptative :
L'instinct est rigide, alors que l'émotion et l'intelligence sont fluides, ouverts.
Les animaux capables de résoudre des problèmes complexes (Chiens, Corvidés, Pieuvres, Primates...) font preuve d'une souplesse qui est l'exact opposé de l'enfermement instinctif. Ils évaluent une situation, ressentent une frustration ou une satisfaction, et ajustent leur action en conséquence.
Cependant, il ne faut pas tomber dans l'excès inverse.
- L'instinct est le cadre. On pourrait donc comparer l'instinct à la structure d'une maison, et la sentience à la façon dont l'animal habite cette maison. Le cadre impose des limites, mais l'habitant a une marge de manœuvre.
- La conscience de soi : Un humain peut décider de faire une grève de la faim pour une idée (il nie alors son instinct de survie pour quelque chose d'abstrait : une idée). Un animal, même sentient, aura beaucoup plus de mal à s'opposer à une pulsion biologique fondamentale sur le long terme. Cela dit, on a vu de nombreux Chiens refuser de se nourrir à la perte de leur maître et se laisser mourir.
En admettant que la violence des animaux peut être réellement vécue et ressentie, nous reconnaissons donc leur part de responsabilité
sociale au sein de leur groupe. Un animal qui dépasse les bornes est d'ailleurs souvent réprimandé par ses pairs, ce qui prouve qu'eux-mêmes considèrent que l'individu avait le "choix" de mieux se comporter.
Cela nous amène directement à cette question : Si les animaux ont cette richesse intérieure et cette part de choix, notre responsabilité envers eux (notamment dans l'élevage) n'en devient-elle pas infiniment plus lourde ?
De nombreux chercheurs étudient la "personnalité" chez les animaux (y compris les invertébrés comme les pieuvres). On découvre que
certains individus sont plus agressifs, plus curieux ou plus "pacifistes" que d'autres au sein d'une même colonie, indépendamment des besoins de survie.
Au fond, l'humain se distingue peut-être moins par sa cruauté que par sa capacité à la rationaliser. Cela signifie que ce qui définit vraiment l'être humain, ce n'est pas tant le fait qu'il soit cruel, mais plutôt son incroyable capacité à trouver des excuses intelligentes, logiques ou
morales pour justifier sa cruauté.
L'animal, dans sa violence la plus brute, conserve une forme d'honnêteté biologique que nous avons perdue en nous civilisant.
Une phrase reprise sur un précédent article : Les animaux sont guidés par la survie, les Hommes par des sentiments
beaucoup moins "primaires".
Mais l'Homme a t'il réellement des sentiments moins primaires que les animaux ? C'est une question absolument vertigineuse, et la réponse honnête est : pas autant qu'on aimerait le croire ! En fait, nous aimons nous draper dans notre dignité d'êtres "civilisés" et rationnels et
réfléchis, mais la neurobiologie et la psychologie évolutionniste nous rappellent souvent à l'ordre.
Pourquoi nos sentiments ne sont pas si éloignés de ceux, dits "primaires", des animaux ?
Sous notre cortex préfrontal (le siège de la réflexion, de la logique et du langage), nous possédons toujours un système limbique et un
cerveau reptilien. Ce sont eux qui gèrent nos émotions les plus profondes. C'est de là que part L'amour maternel ou romantique qui est un cocktail puissant d'ocytocine et de dopamine, programmé à l'origine pour assurer la survie de l'espèce et la protection du nourrisson (ce sont des sentiments primaires). Il y a aussi la colère, la jalousie, la peur de l'exclusion... Ce sont des mécanismes de défense archaïques. Dans la
savane primitive, être exclu du groupe signifiait mourir. Aujourd'hui, la peur d'être rejeté sur les réseaux sociaux ou dans un groupe de
collègues active exactement les mêmes zones cérébrales que la douleur physique.
Des motivations parfois moins "nobles" que la survie
Là où la remarque s'avère très juste, c'est que l'animal, même dans sa cruauté (comme le caïnisme ), est guidé par une nécessité absolue : économiser l'énergie et survivre. Il n'y a pas de malice, pas de vice. L'être humain, lui, a développé des sentiments "complexes" qui se
détachent de la simple survie, mais pas toujours pour le meilleur.
Nous sommes par exemple capables de ressentir :
- de la rancœur à long terme,
- de préméditer la vengeance,
- de la jalousie purement sociale (vouloir ce que l'autre a, juste pour le statut),
- du sadisme ou la cruauté gratuite.
Ces sentiments ne sont pas "primaires" au sens biologique, car ils demandent une capacité de projection dans le temps et une conscience de l'autre que les animaux ont peut-être moins développé. Ce sont des sentiments plus sophistiqués... mais moralement bien moins « propres » que le pragmatisme de la nature.
La vraie spécificité humaine : Le choix et l'empathie élargie
Ce qui nous distingue vraiment, ce n'est pas l'absence de sentiments primaires, c'est notre capacité à faire un choix conscient par-dessus nos sentiments primaires. Un animal ne va pas décider d'adopter un petit orphelin si elle n'a pas assez de nourriture car son instinct lui dicte de le sacrifier. L'Homme, lui, peut ressentir une pulsion primaire (la peur, l'égoïsme) et décider d'agir à l'inverse par pure empathie, par altruisme ou par sens moral. Nous sommes ainsi capables d'aimer des personnes sans aucun lien de sang, d'adopter, de nous engager pour des causes qui ne nous rapportent rien biologiquement.
En clair ? Nos racines et nos émotions de base sont profondément primaires et dictées par notre histoire évolutive. Mais nous avons ce petit espace qui nous permet de transformer ces pulsions en quelque chose de plus grand... ou de plus destructeur.
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Désolée, mais depuis hier, j'ai le message ASKDT20001, et impossible de commenter sur eklablog et overblog.
Avant hier, je pouvais déposer le message sur la boîte de contact, cette fois cela ne passe plus non plus !
Le principe même du blog est bloqué par l'anti spam de la plateforme, c'est balaise non ????