La perversité animaux vs humains : généralités (1/4)
Sur l'article "Les Singes savant aussi faire semblant", Sophie allias Pulsatilla, du blog "Les Bonheurs de Sophie" me faisait cette remarque :
"Je ne crois pas que nous retrouvions chez les animaux notre perversité".
C'est une question fascinante qui se situe à la frontière entre l'éthologie et la psychologie humaine.
La perversité humaine est généralement définie par une volonté consciente de faire souffrir, de manipuler ou de détruire l'autre pour en tirer un plaisir personnel qui n'est nullement lié à une nécessité de survie.
"Caractère d'une personne encline au mal, qui fait, qui aime à faire le mal.
Anormalité de la conduite générale et spécialement des comportements à l'égard d'autrui et de la Société conduisant à des actes asociaux et inhumains accomplis avec indifférence à l'égard de la souffrance d'autrui, absence complète de culpabilité et satisfaction personnelle"
Comment, selon différentes études, cela se traduit t'il dans le monde animal ?
La cruauté apparente en opposition à la survie.
Beaucoup de comportements animaux nous semblent "pervers" ou cruels. Cependant, ils répondent presque toujours à des
impératifs biologiques :
Le jeu du Chat avec la Souris ressemble à de la torture. Pour autant, il s'agit d'un apprentissage transmis par la mère à ses petits pour
acquérir et perfectionner ses réflexes de chasse tout autant qu'une manière de fatiguer une proie dangereuse afin d'éviter une blessure.
L'infanticide chez les Lions ou les Ours. Un mâle peut tuer les petits d'un rival, c'est très brutal et cela nous semble extrêmement cruel,
mais le but est purement reproductif : rendre la femelle à nouveau fertile pour transmettre ses propres gènes.
Le cas des comportements "déviants".
Chez certaines espèces à l'intelligence sociale très développée, on observe des comportements qui se rapprochent de ce que nous
appellerions de la malveillance chez les humains.
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Chez les Grands Singes (comme les Chimpanzés) on a observé des coalitions organisées pour mener de véritables "guerres" envers un autre groupe, incluant des actes de torture ou des meurtres gratuits.
Ici, c'est la notion de pouvoir et de domination politique qui entre en jeu (tiens, ça rappelle quelque chose !).
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Les Orques et les Dauphins sont maintenant connus pour harceler d'autres espèces (comme des Marsouins) sans intention de les manger et parfois jusqu'à la mort. Est-ce de la perversité ou une forme de jeu social poussée à l'extrême ? La science hésite encore.
L'absence de morale intentionnelle.
Le point essentiel réside dans la conscience morale.
L'humain a conceptualisé le "Bien" et le "Mal".
La perversité humaine implique donc de comprendre que l'on fait souffrir et de choisir de le faire malgré tout.
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Chez l'animal, même chez les espèces les plus intelligentes (comme les canidés ou les primates), le comportement négatif est "avant tout" dicté par une nécessité de réponse à des besoins sociaux ou des émotions immédiates (frustration, jalousie, plaisir du jeu, souffrance).
Cependant nous pourrons développer ce point précis sur un autre article.
L'influence de l'environnement.
On remarque souvent que les comportements les plus proches de la "perversité" (agressivité gratuite, auto-mutilation, comportements
obsessionnels) apparaissent chez des animaux captifs ou vivant dans des environnements stressants créés par l'homme.
L'ennui et le manque de stimulation peuvent briser les mécanismes sociaux naturels et engendrer des névroses.
Ainsi, si les animaux peuvent se montrer d'une violence extrême, la "perversité" au sens de la
recherche du mal pour le mal, semble rester une spécificité humaine liée à notre capacité
d'abstraction et de jugement moral.
À suivre...